Publié le 13 octobre 2025 à 06h00. La transition énergétique aux États-Unis pourrait être compromise par une pénurie croissante de matières premières essentielles, notamment les terres rares, menaçant la production d’énergies renouvelables et de batteries, selon une étude de l’Université Johns Hopkins.
- La construction de nouvelles centrales solaires et éoliennes, ainsi que la fabrication de batteries, sont mises en péril par le manque de matières premières critiques.
- L’escalade des tensions commerciales et la demande exponentielle d’énergie liée au développement de l’intelligence artificielle (IA) pourraient aggraver cette situation.
- Les chercheurs préconisent d’investir dans la production et le recyclage nationaux, de diversifier les sources d’approvisionnement et de nouer des partenariats internationaux.
Les États-Unis pourraient bientôt être confrontés à des difficultés majeures dans leur transition vers une économie plus verte. Une étude récente de l’Université Johns Hopkins Johns Hopkins met en garde contre une pénurie imminente de matières premières critiques, indispensables à la fabrication de technologies clés telles que les panneaux solaires, les éoliennes et les batteries utilisées dans les véhicules électriques et le stockage d’énergie.
Selon les chercheurs, cette situation est d’autant plus préoccupante qu’elle coïncide avec une augmentation rapide de la demande énergétique, stimulée non seulement par l’électrification des transports et le développement des infrastructures, mais aussi par l’essor fulgurant de l’intelligence artificielle. Une demande non satisfaite pourrait entraîner des pannes d’électricité généralisées, des dommages aux équipements et une hausse significative des prix de l’électricité.
« Même avant le récent essor de l’IA, les États-Unis étaient confrontés à une demande énergétique en augmentation rapide – en particulier en électricité – tirée par la croissance des voitures électriques et d’autres systèmes de transport, des bâtiments et des centres de données. Alors que la demande énergétique augmente en raison de la croissance de l’IA et de l’électrification, il existe un écart important entre cette demande et notre capacité d’offre. »
Yury Dvorkin, chercheur
Pour pallier ce risque, l’équipe de l’Université Johns Hopkins insiste sur la nécessité de renforcer les capacités nationales de production et de recyclage de ces matériaux essentiels. Cela passe par le développement de nouveaux projets miniers, l’investissement dans des technologies de recyclage innovantes et la mise en place de chaînes d’approvisionnement robustes pour les matières secondaires.
Les chercheurs recommandent également aux pouvoirs publics de soutenir la production nationale par le biais de subventions, d’allégements fiscaux et de simplifications réglementaires, afin de réduire la dépendance aux importations. Par ailleurs, ils soulignent l’importance de nouer de nouveaux partenariats stratégiques et de conclure des accords commerciaux pour garantir un accès durable à ces ressources cruciales.
Enfin, l’étude met en avant la nécessité d’adopter des stratégies de gestion de la chaîne d’approvisionnement plus flexibles et adaptatives. La diversification des sources d’approvisionnement, la constitution de réserves stratégiques et la mise en œuvre de plans de gestion des risques permettraient aux États-Unis de mieux faire face aux perturbations potentielles et d’assurer un approvisionnement énergétique continu pour l’ensemble de la population.
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