Publié le 13 octobre 2024. L’Australie se prépare à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans, une mesure ambitieuse qui suscite des inquiétudes quant à son application et son efficacité, notamment auprès des plateformes concernées.
- L’Australie prévoit d’interdire aux moins de 16 ans l’accès aux réseaux sociaux d’ici fin 2025.
- YouTube estime que cette interdiction, bien qu’ayant de bonnes intentions, ne garantira pas une plus grande sécurité en ligne pour les enfants.
- Les entreprises de médias sociaux pourraient être passibles d’amendes pouvant atteindre 49,5 millions de dollars australiens (32 millions de dollars américains) en cas de non-respect de la loi.
Le gouvernement australien a dévoilé l’année dernière une législation historique visant à protéger les jeunes utilisateurs en ligne. Cette loi, qui entrera en vigueur d’ici fin 2025, interdit aux moins de 16 ans d’accéder à des plateformes populaires telles que Facebook, TikTok et Instagram. Les entreprises qui ne respecteraient pas cette règle s’exposeraient à de lourdes sanctions financières.
YouTube, bien que concerné par cette interdiction, se positionne différemment. Rachel Lord, porte-parole de l’entreprise en Australie, a défendu une approche nuancée devant une commission sénatoriale. Elle a souligné que YouTube ne se considérait pas comme un réseau social au sens strict et qu’une exemption pourrait être justifiée.
« La législation sera extrêmement difficile à appliquer, et elle ne tiendra pas sa promesse de rendre les enfants plus sûrs en ligne. »
Rachel Lord, porte-parole de YouTube
Selon YouTube, une approche plus efficace consisterait à renforcer les mesures de sécurité existantes plutôt qu’à imposer une interdiction générale.
« Une législation bien conçue peut être un outil efficace pour tirer parti des efforts de l’industrie visant à assurer une plus grande sécurité aux enfants et aux adolescents en ligne, mais la solution pour assurer une plus grande sécurité aux enfants en ligne ne consiste pas à les empêcher d’être en ligne. »
Rachel Lord, porte-parole de YouTube
L’Australie s’est distinguée par son engagement à lutter contre les dangers d’Internet, mais les détails concernant la mise en œuvre de cette interdiction restent flous. Certains experts craignent que cette loi ne soit qu’une mesure symbolique, tandis que les entreprises de médias sociaux la qualifient de « vague », « problématique » et « précipitée ».
Le gouvernement a précisé que les plateformes ne seraient pas tenues de vérifier l’âge de chaque utilisateur, mais qu’elles devraient prendre des « mesures raisonnables » pour identifier et bloquer les mineurs. Le commissaire à la sécurité électronique aura le pouvoir d’infliger des amendes pouvant atteindre 49,5 millions de dollars australiens (32 millions de dollars américains) aux entreprises qui ne respecteraient pas ces règles.
Pour plus d’informations sur la législation australienne, vous pouvez consulter cet article.