Publié le 13 octobre 2024 à 09h00. L’écrivaine norvégienne Liv Køltzow, figure majeure de la littérature scandinave et lauréate de nombreux prix, est décédée dimanche soir à l’âge de 80 ans, laissant derrière elle un héritage littéraire riche et influent.
- Liv Køltzow s’est éteinte à l’hôpital de Bærum après une longue maladie.
- Son œuvre, marquée par une exploration profonde des questions existentielles et une sensibilité féministe, a été saluée par la critique et le public.
- Plusieurs personnalités du monde littéraire norvégien ont rendu hommage à son talent et à son influence.
La nouvelle du décès de Liv Køltzow a été confirmée par son éditeur, Aschehoug. Mads Nygaard, directeur et vice-président exécutif de la maison d’édition, a exprimé sa profonde tristesse dans un communiqué de presse :
« Avec le décès de Liv Køltzow, la Norvège et Aschehoug ont perdu l’un de nos plus grands auteurs. »
Mads Nygaard, directeur et vice-président exécutif d’Aschehoug
Il a souligné la gratitude de la maison d’édition pour les cinquante-cinq années de collaboration avec l’écrivaine et l’impact durable de son œuvre sur la littérature norvégienne.
Liv Køltzow a fait ses débuts littéraires en 1970 avec le recueil de nouvelles intitulé « L’œil de l’arbre ». Elle s’est ensuite distinguée avec la publication de son premier roman, « Qui décide du choix de Bjørg et Unni ? » en 1972, qui a marqué le début d’une carrière prolifique et diversifiée. Parmi ses œuvres les plus reconnues figurent « Qui a ton visage ? » (1987) et « L’image interrompue » (2002), tous deux nommés pour le prestigieux Prix de littérature du Conseil nordique. En 1992, elle a captivé les lecteurs et la critique avec sa biographie acclamée « La jeune Amalie Skram », et en 1997, elle a reçu le prix Brage pour son roman « Le monde disparaît ».
L’écrivaine a été honorée de nombreuses distinctions au cours de sa carrière, notamment le prix Køltzow Gyldendal en 2015, le prix Aschehoug en 2018 et le prix d’honneur Brage en 2021, témoignant de la reconnaissance de son apport exceptionnel à la littérature norvégienne.
Vigdis Hjorth, une collègue écrivaine, a partagé ses réflexions avec VG, soulignant que le décès de Køltzow, bien que prévisible en raison de sa longue maladie, était une perte profonde :
« Elle est malade depuis très longtemps, et finalement, ce n’était probablement pas si simple. J’ai un grand respect pour l’écriture de Køltzow, et notamment pour la façon dont elle a progressé et a ouvert la voie à nous, les écrivaines qui sommes arrivées peu d’années après elle. »
Vigdis Hjorth, écrivaine
Elle a insisté sur l’importance du travail de Køltzow pour les générations d’écrivaines qui l’ont suivie, soulignant le courage et la détermination dont elle a fait preuve dans un milieu littéraire dominé par les hommes.
Hjorth a également rappelé que Køltzow était l’une des rares femmes à avoir côtoyé les figures emblématiques de la littérature norvégienne des années 1970, comme Dag Solstad, et a mis en lumière les défis auxquels elle a été confrontée en tant que femme dans ce contexte. Elle a évoqué les réflexions de Køltzow consignées dans son journal, publié en 2021, qui témoignent de la complexité de sa position et de son engagement féministe.
Nora Campbell, directrice de la publication chez Aschehoug, a salué le « niveau littéraire stupéfiant » de l’œuvre de Køltzow, soulignant sa capacité à explorer les questions existentielles avec une profondeur et une authenticité rares.
« Lire Liv Køltzow, des romans aux nouvelles, en passant par la biographie de Skram et les journaux intimes, procure un grand plaisir. »
Nora Campbell, directrice de la publication chez Aschehoug
Liv Køltzow avait évoqué sa maladie de Parkinson dans une interview accordée à VG en 2018, exprimant sa colère face à la perte de contrôle et sa détermination à continuer à écrire malgré les difficultés.