Publié le 13 octobre 2025 11:26:00. Le gouvernement brésilien lance un programme ambitieux pour intégrer la résilience climatique au cœur de ses projets d’infrastructures routières et ferroviaires, dans le but d’attirer des investissements et de sécuriser les réseaux face aux événements extrêmes.
- Le Programme de durabilité des infrastructures (PSI) exige que 1 à 2,5 % des revenus des concessions soient alloués à des projets de résilience climatique et de transition énergétique.
- Ce programme est lié à l’émission d’obligations d’infrastructure exonérées d’impôts, conditionnées au respect des critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance).
- Il pourrait générer jusqu’à 21,5 milliards de reais (3,9 milliards de dollars américains) de nouveaux investissements.
Brasilia s’engage résolument dans une approche plus durable de ses infrastructures de transport. Le ministère des Transports a officiellement lancé le Programme de durabilité des infrastructures (PSI), une initiative visant à encourager les investissements dans la résilience climatique au sein des concessions routières et ferroviaires à travers le pays. L’objectif est de rendre ces infrastructures plus robustes face aux aléas climatiques croissants, tout en attirant des capitaux soucieux de l’impact environnemental.
Selon George Santoro, secrétaire exécutif du ministère des Transports, l’allocation de 1 à 2,5 % des revenus des projets à des infrastructures résilientes est une condition essentielle pour accéder aux financements dédiés.
« Il est essentiel d’allouer entre 1% et 2,5% des revenus des projets à des infrastructures résilientes, axées sur la transition climatique et énergétique. Cela nous rend éligibles aux fonds d’infrastructure. Cet agenda est stratégique pour attirer les investisseurs intéressés au Brésil et pour que les projets intègrent cette culture de responsabilité à tous les niveaux de gouvernement. »
George Santoro, secrétaire exécutif du ministère des Transports
Le PSI s’appuie sur les décrets n° 622/2024 et n° 689/2024, qui lient l’émission de titres de créance exonérés d’impôt – les débentures d’infrastructure – au respect des normes ESG. Ce mécanisme permet aux concessionnaires d’allouer jusqu’à 2 % de leurs nouveaux revenus à des investissements durables, avec une flexibilité pour rééquilibrer les flux financiers afin de garantir le démarrage rapide des projets.
Les concessionnaires devront soumettre des plans d’investissement détaillés, répondant à 470 exigences techniques définies par des comités mixtes, composés de représentants du gouvernement fédéral et du secteur privé. Une évaluation des résultats sera effectuée à la fin de la période du PSI, avec des ajustements possibles pour optimiser le modèle.
Le secteur des infrastructures brésilien, déjà en plein essor, devrait bénéficier de cette nouvelle dynamique. Daniel O’Czerny, directeur du financement mondial des infrastructures pour l’Amérique latine chez Citigroup, souligne que les routes et l’assainissement devraient être les principaux moteurs de nouveaux contrats et d’investissements au cours de l’année prochaine.
« Les routes et l’assainissement tendent à être, tout au long de l’année prochaine, deux moteurs majeurs de nouveaux contrats et d’investissements dans les infrastructures brésiliennes. »
Daniel O’Czerny, directeur du financement mondial des infrastructures pour l’Amérique latine chez Citigroup
Ce programme gouvernemental témoigne de l’importance croissante des pratiques ESG au Brésil. Après une période initiale d’annonces ambitieuses en matière de réduction des émissions et de développement durable, l’exécution des projets s’est avérée plus lente. Selon M. O’Czerny, il s’agit davantage d’une question de rythme que d’un désintérêt : la décarbonation s’adapte aux réalités du terrain, mais reste une priorité.
« Je pense qu’il s’agit plus de la rapidité des projets que d’une question binaire. Personne n’a cessé de trouver cela pertinent ; la réalité s’est installée et tout le monde s’adapte au rythme possible de la décarbonation. Mais c’est une question qui reste importante. »
Daniel O’Czerny, directeur du financement mondial des infrastructures pour l’Amérique latine chez Citigroup
La multiplication des événements climatiques extrêmes, tels que les fortes pluies et les glissements de terrain, a mis en évidence la vulnérabilité des infrastructures routières et ferroviaires. Le gouvernement brésilien espère atténuer ces risques en intégrant des obligations d’investissement dans la résilience climatique dans les contrats de concession.
(La version originale de ce contenu a été rédigée en portugais)
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