Le Département d’État américain a rendu permanent, le 3 août 2026, son programme de caution pour les visas B-1 et B-2. Cette mesure impose aux ressortissants de 50 pays le versement d’une garantie financière pouvant atteindre 20 000 dollars pour limiter les dépassements de séjour sur le territoire des États-Unis.
L’expérimentation est terminée. Ce mécanisme, lancé initialement le 20 août 2025, permet désormais aux agents consulaires d’exiger un dépôt financier avant la délivrance de visas de tourisme ou d’affaires.
L’échelle des cautions : un plafond relevé à 20 000 dollars
La transition vers un régime permanent s’accompagne d’un durcissement financier. Le plafond de la caution, qui était fixé à 15 000 dollars durant la phase pilote, grimpe désormais à 20 000 dollars.
Le montant exact est laissé à la discrétion de l’agent consulaire, qui s’appuie sur trois niveaux prédéfinis :
- 15 000 dollars : le montant normalement retenu par défaut.
- 10 000 dollars : possible si la situation financière du demandeur ne permet pas le versement standard, tout en restant capable de financer son voyage.
- 20 000 dollars : exigé lorsque l’agent estime que le niveau intermédiaire est insuffisant pour garantir le départ du voyageur.
Pour déterminer le montant, les autorités analysent le motif du séjour, les revenus, l’emploi, le niveau d’études, les compétences et la nature des liens du demandeur avec les États-Unis. À noter qu’un réajustement basé sur l’inflation est prévu dès le 1er octobre 2027, puis tous les sept ans.
50 pays ciblés : une concentration massive sur l’Afrique
Le dispositif cible les ressortissants de 50 pays, dont 30 se situent en Afrique. La liste inclut notamment l’Algérie, le Sénégal, le Nigeria, l’Éthiopie, la Tunisie, le Venezuela et la Géorgie.
Le remboursement de la somme est conditionné au respect strict des conditions du visa. La caution est restituée si la demande est refusée ou si le voyageur quitte le territoire américain dans les délais autorisés. En revanche, en cas de dépassement de séjour, les autorités américaines conservent définitivement la somme.
Une chute de 83 % des délivrances de visas
L’efficacité du programme est revendiquée par Washington sur la base de chiffres drastiques. En 2024, 45 488 ressortissants des pays concernés avaient dépassé la durée légale de leur séjour.
L’impact sur les flux migratoires est cependant brutal. La délivrance de visas B-1/B-2 pour ces nationalités a chuté de 83 % par rapport à l’année précédente. Le Département d’État attribue ce recul au fait que des milliers de demandeurs éligibles n’ont pas souhaité ou pu verser la caution.
| Indicateur (Phase Pilote) | Valeur rapportée |
|---|---|
| Dépassements de séjour (2024) | 45 488 |
| Dépassements de séjour (Pilote) | Moins de 50 |
| Baisse des visas délivrés | 83 % |
| Cautions perçues totales | 115 millions de dollars |
Sécurité nationale contre profilage racial
Cette politique s’inscrit dans une stratégie d’immigration agressive menée par le président Donald Trump. L’argument budgétaire est central : le gouvernement estime qu’expulser un voyageur en situation irrégulière coûte environ 18 000 dollars par personne, montant que la caution vise à compenser ou à dissuader. Trump a déclaré que ces protocoles étaient d’une importance vitale pour la protection de la sécurité nationale.

Face à cela, des défenseurs des droits civiques et des observateurs dénoncent un système qui alimente le profilage racial et exclut les voyageurs issus de pays à revenus modestes.
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