L’or continue son ascension fulgurante, malgré des signaux techniques traditionnels de surachat, tandis que les investisseurs s’interrogent sur la pérennité de cette dynamique et l’avenir des sociétés minières. Un sentiment croissant de défiance envers les politiques gouvernementales alimente également cet intérêt pour les actifs refuges.
Depuis octobre 2023, le cours de l’or n’a cessé de progresser, défiant les prévisions de nombreux analystes. Les indicateurs techniques classiques, tels que l’indice de force relative (RSI) et les stochastiques, ont plusieurs fois indiqué une situation de surachat, mais l’or a continué de grimper. Certains observateurs notent même que de brèves corrections de prix ont été suivies d’une reprise encore plus forte.
L’argent, quant à lui, a surpris en franchissant la barre des 50 $ (USD) plus rapidement que prévu, laissant les analystes reconsidérer leurs objectifs. Si un objectif de 100 $ (USD) semble désormais probable, le prix a atteint ce matin le seuil de 54 $ (USD), laissant présager une possible correction à court terme.
Les investisseurs particuliers ont tendance à vendre leurs positions lorsqu’ils atteignent leurs objectifs de profit, tandis que les professionnels préfèrent vendre progressivement pour profiter de la dynamique haussière. Il est crucial, selon les experts, d’éviter de chercher à « timer » le marché, car attendre le sommet pour vendre peut s’avérer risqué en cas de retournement brutal.
Une stratégie prudente consiste à prendre des bénéfices sur une partie de ses avoirs, par exemple jusqu’à 30 %, sans pour autant liquider l’intégralité de ses positions. L’or, en particulier, conserve une valeur refuge indéniable, comme l’a démontré sa performance vendredi dernier, en hausse alors que les marchés boursiers chutaient suite à l’annonce de potentielles nouvelles taxes douanières sur la Chine, puis à nouveau en hausse lorsque le gouvernement a promis de stabiliser la situation.
L’argent pourrait regagner en crédibilité si les banques centrales commençaient à l’acheter, à l’instar de ce qu’elles font avec l’or. Cependant, à ce stade, il semble plus judicieux de prendre des bénéfices sur cet actif.
Les sociétés minières, en revanche, présentent un potentiel de croissance à long terme. Un mineur capable de produire de l’or de manière rentable à des prix de 3 500 $, 3 000 $ ou 2 500 $ (USD) ne devrait pas être affecté par une baisse du prix de l’or à 4 500 $ ou 4 000 $ (USD). La perte de confiance dans les politiques gouvernementales est un facteur majeur qui soutient cette perspective positive pour le secteur minier.
L’indice CDNX, qui regroupe les actions des sociétés minières juniors et seniors, affiche une tendance haussière massive, suggérant que ces entreprises pourraient connaître des années, voire des décennies, de performances solides. L’ETF GDXJ, composé principalement de producteurs intermédiaires, pourrait atteindre un prix de 1 000 $ (USD) à long terme.
Il est donc recommandé de continuer à prendre des bénéfices sur ses positions jusqu’à atteindre le seuil de 100 $ (USD), comme suggéré précédemment. Les investisseurs qui vendent progressivement pour réaliser des profits, plutôt que d’attendre le sommet, sont dans une position plus favorable.
L’indice CAPE/Shiller, qui mesure la valorisation du marché boursier américain, révèle une surévaluation persistante, exacerbée par la politique monétaire actuelle. Cette situation rend le marché vulnérable à un krach similaire à celui de 1929 ou à une période de stagflation comme celle des années 1970. Malgré les opportunités d’achat depuis 2008, le ratio CAPE reste élevé, ce qui témoigne de la fragilité du système financier actuel.
De plus en plus de gestionnaires de fonds reconnaissent que la monnaie fiduciaire a atteint ses limites. L’or pourrait ainsi devenir une alternative viable, à la fois comme réserve de valeur et comme moyen d’échange pour les investisseurs avertis.
L’ETF GDX, qui suit les actions des sociétés aurifères, a vu son objectif à long terme relevé de 200 $ à 1 000 $ (USD). Il est cependant conseillé de prendre des bénéfices modestes pour profiter de cette dynamique haussière. La devise d’or est simple : vendre pour réaliser des profits aujourd’hui permet d’acheter à nouveau avec un sourire lors de futures corrections.