La composition du nouveau gouvernement dirigé par le Premier ministre Lecornu a été dévoilée ce lundi, révélant une hiérarchie ministérielle qui témoigne des priorités de l’exécutif : sécurité et défense en tête, au détriment de l’éducation et de la santé.
L’ordre protocolaire des ministères, qui n’est jamais aléatoire, place désormais la police et l’intérieur en première position, suivis des armées. Un choix qui, selon des observateurs, envoie un signal fort à la bourgeoisie française, préoccupée par le recul de l’influence française à l’international et la montée des tensions géopolitiques. Comme l’explique le Journal du Dimanche : « Lors d’un remaniement, l’ordre dans lequel sont nommés les ministres ne relève ni du hasard ni de l’ordre alphabétique. Ils sont nommés selon un ordre protocolaire précis. Celui-ci indique l’importance de chaque ministère dans la politique que le Premier ministre souhaite mener ».
À l’inverse, l’éducation et la santé se retrouvent reléguées aux 9ème et 11ème rangs, confirmant selon certains, la poursuite des politiques de restructuration et de coupes budgétaires qui les ont caractérisées ces dernières années. Le ministère de la santé se voit également attribuer la mission des « Familles », une orientation perçue comme une vision réactionnaire centrée sur la reproduction.
Ce repositionnement ministériel intervient dans un contexte de tensions internationales croissantes et de volonté affichée de renforcer l’appareil militaire français. Pour certains, cette stratégie vise à répondre aux inquiétudes d’une élite économique et politique soucieuse de préserver l’influence de la France, notamment en Afrique.
Face à cette orientation gouvernementale, des voix s’élèvent pour appeler à une mobilisation sociale et à la défense d’un projet de société alternatif, axé sur des préoccupations radicalement différentes de celles de l’exécutif et du monde patronal.