Les tensions commerciales mondiales se sont légèrement apaisées, mais l’incertitude plane toujours sur les marchés financiers. Cette situation favorise un retour vers les valeurs refuges, notamment les obligations d’État allemandes, tout en maintenant une pression modérée sur l’euro.
Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans est repassé sous la barre des 4 %, signe que les investisseurs privilégient la sécurité face aux nouvelles menaces tarifaires. Si cette aversion au risque reste contenue, son impact sur les taux de l’euro est pour l’instant limité, oscillant entre 2,6 % et 2,7 % pour le taux swap à 10 ans, un niveau observé depuis juin. Cependant, une escalade plus importante de ces tensions pourrait entraîner une baisse plus marquée des taux à long terme, en particulier pour les Bunds.
Les experts notent que la dynamique actuelle est largement influencée par les États-Unis, les facteurs nationaux européens n’apportant pas de nouveaux éléments significatifs. Bien que les actualités françaises fassent régulièrement les gros titres, leur impact sur les marchés obligataires reste marginal, à l’exception des obligations d’État françaises elles-mêmes. La reprise économique allemande, bien que constatée, est jugée lente et fragile, un sentiment déjà intégré par les marchés.
À ce stade, la baisse des taux américains n’altère pas les prévisions d’une stabilité, voire d’une légère hausse, des taux de l’euro. Néanmoins, une chute plus brutale des rendements américains pourrait forcer les Bunds et les swaps à explorer des niveaux inférieurs. Ces derniers jours, les Bunds ont déjà surperformé les swaps, confirmant leur statut d’actif refuge privilégié.
Mercredi, l’attention des marchés sera particulièrement portée sur le rapport de la Réserve fédérale américaine (Fed), qui compile des informations auprès de ses contacts régionaux. Le rapport d’août avait déjà pointé vers une activité économique au point mort, avec une absence de changement notable dans l’emploi dans onze des douze régions interrogées. Les économistes ne s’attendent pas à une amélioration significative de cette évaluation, ce qui pourrait inciter la Fed à relever ses taux de 25 points de base plus tard ce mois-ci.
Plusieurs banquiers centraux prendront également la parole, dont des représentants de la Banque centrale européenne (BCE), de la Fed et de la Banque d’Angleterre (BoE). Sur le front des données macroéconomiques, les chiffres de la production industrielle de la zone euro et les chiffres définitifs de l’inflation en France et en Espagne seront publiés.
Enfin, l’Allemagne lancera deux obligations à 30 ans pour un montant total de 2,5 milliards d’euros, tandis que le Royaume-Uni mettra aux enchères 1,5 milliard de livres sterling (environ 1,7 milliard d’euros) de gilts indexées sur l’inflation à 6 ans.