Publié le 15 octobre 2025 10h48. Des tensions au sein de la coalition gouvernementale roumaine ont éclaté mardi, suite à une plainte pénale déposée par un député de l’USR contre le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur, concernant le respect de la législation électorale.
- Un député de l’USR a déposé une plainte pénale contre le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur pour non-respect de la loi sur les élections municipales.
- Cette plainte a provoqué l’indignation au sein du PNL, conduisant à des échanges tendus lors d’une réunion de coalition.
- Le PSD conditionne son accord sur la date des élections municipales à un consensus sur le candidat et à l’inclusion de ses propositions économiques dans le prochain budget.
La plainte pénale déposée lundi par Emanuel Ungureanu, député de l’USR, vise Ilie Bolojan, le Premier ministre, Cătălin Predoiu, le ministre de l’Intérieur, ainsi que les institutions responsables de l’organisation des élections municipales. M. Ungureanu les accuse de ne pas respecter la loi qui impose l’organisation des élections dans les 90 jours suivant les vacances parlementaires, ce qui aurait dû conduire à des élections à la mairie fin août.
Cette initiative a suscité une vive réaction au sein du Parti national libéral (PNL). Lors de la réunion de la coalition mardi, le vice-Premier ministre Cătălin Predoiu a exprimé son mécontentement, selon des sources présentes. Les représentants de l’USR, Dominic Fritz, Cristian Seidler et Sorin Șipoș, ont affirmé ne pas avoir été informés de la plainte, tout en soulignant qu’elle n’aurait pas été déposée si le gouvernement avait adopté une décision fixant la date des élections.
Le Premier ministre Bolojan, quant à lui, est resté silencieux lors de cette discussion, préoccupé par le blocage de la réforme de l’administration publique locale et centrale, un projet freiné par le Parti social-démocrate (PSD) depuis plus de deux mois. Sorin Grindeanu, leader du PSD, avait quitté la réunion avant l’escalade des tensions entre le PNL et l’USR.
Mercredi, le député Ungureanu a justifié son action devant le Parlement, affirmant qu’il avait agi seul, par souci de respecter la loi.
« C’est une question de principe que j’ai toujours défendue. Nous jurons de respecter les lois et la Constitution, et ce serment est pour moi une obligation morale. Compte tenu de la loi des 60 jours, ces principes ne sont pas négociables. »
Emanuel Ungureanu, député USR
Il a insisté sur la nécessité d’organiser les élections dans les délais légaux, soulignant que tous les partis politiques doivent se conformer à la loi.
Le Premier ministre Bolojan a déclaré le 10 octobre à B1TV que si aucune décision n’était prise cette semaine, les élections municipales ne pourraient plus avoir lieu avant la fin de l’année, en raison des contraintes de temps.
« Si une décision gouvernementale n’est pas adoptée la semaine prochaine, en raison du délai de 35 jours, il ne sera plus possible d’organiser des élections cette année. L’adoption de cette décision dépend d’un accord au sein de la coalition, mais nous n’avons pas encore trouvé de consensus. »
Ilie Bolojan, Premier ministre
Parallèlement, la maire de Craiova, Lia Olguța Vasilescu, a déclaré sur Antena3 CNN que le PSD ne donnerait son accord sur la date des élections qu’à condition d’un consensus sur le candidat à la mairie de Bucarest, ou à défaut, de candidatures séparées. Selon des sources de Hotnews, les sociaux-démocrates conditionnent également leur accord à l’intégration de leurs propositions économiques dans le troisième exercice budgétaire du gouvernement Bolojan.
Olguța Vasilescu a même menacé de retirer le PSD de la coalition si ses conditions n’étaient pas satisfaites.
« Il s’agit d’un accord politique. Soit nous avons un candidat commun de la coalition, soit chaque parti postule seul. Autrement dit, vous ne pouvez pas avoir de mini-coalition au sein de la coalition. »
Lia Olguța Vasilescu, maire de Craiova