Publié le 15 octobre 2025 à 21h07. Marwan Barghouti, figure historique de la résistance palestinienne, aurait été violemment agressé en prison par des gardiens israéliens, selon des témoignages récents qui relancent les inquiétudes sur les conditions de détention des prisonniers palestiniens et compliquent les négociations pour un accord de libération.
- Marwan Barghouti, emprisonné depuis 2002, aurait été battu par huit gardiens lors d’un transfert entre prisons le 14 septembre.
- Sa famille et des anciens prisonniers politiques libérés lors d’un échange d’otages témoignent de la brutalité de l’attaque, qui l’aurait laissé inconscient.
- La libération de Barghouti est une exigence du Hamas dans le cadre des négociations de cessez-le-feu, mais Israël s’y oppose fermement.
Des accusations graves ont été portées contre l’administration pénitentiaire israélienne : Marwan Barghouti, considéré comme l’un des leaders palestiniens les plus charismatiques et respectés, aurait été victime d’une agression physique particulièrement violente en septembre dernier. Selon des informations révélées ce mercredi par sa famille, appuyées par les témoignages de cinq anciens prisonniers politiques récemment libérés dans le cadre d’un échange d’otages, l’incident s’est produit lors d’un transfert entre deux prisons.
Arab Barghouti, le fils de la figure palestinienne, a décrit avec précision les faits :
« Pendant qu’ils transféraient mon père, ils se sont arrêtés en chemin et huit gardiens qui travaillaient pour l’administration pénitentiaire ont commencé à le battre de différentes manières, en lui donnant des coups de pied, en le jetant au sol, en le frappant, en se concentrant sur la tête, la poitrine et aussi les jambes. »
Arab Barghouti, fils de Marwan Barghouti Il ajoute que son père a lui-même déclaré aux autres prisonniers avoir perdu connaissance suite à l’agression.
Cette nouvelle agression, qui serait la quatrième en deux ans selon Arab Barghouti, intervient quelques semaines après une visite controversée du ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, à Marwan Barghouti en août. Des images diffusées par les médias israéliens montrent le ministre Ben-Gvir dans la cellule du dirigeant palestinien, proférant menaces et provocations.
« Quiconque tue nos enfants ou nos femmes sera éliminé. Ils ne nous vaincront jamais. »
Itamar Ben-Gvir, ministre israélien de la Sécurité nationale Selon des témoignages, Ben-Gvir aurait également montré à Barghouti une photo d’une chaise électrique, lui suggérant qu’il méritait la peine de mort.
Contacté par le quotidien britannique The Guardian, Ben-Gvir a nié toute agression, se disant toutefois « fier » du changement radical qu’il estime avoir opéré dans les conditions de détention de Barghouti.
« La récréation est terminée, les camps d’été sont terminés. »
Itamar Ben-Gvir, ministre israélien de la Sécurité nationale
Marwan Barghouti, ancien chef du Fatah, purge actuellement cinq peines de prison à perpétuité plus quarante années supplémentaires pour avoir été accusé d’avoir planifié des attaques ayant causé la mort de civils pendant la seconde Intifada (entre 2000 et 2005). Son procès avait été critiqué à l’époque par l’Union interparlementaire, qui avait dénoncé de nombreuses violations du droit international, notamment la détention sans communication, qualifiée de « traitement cruel, inhumain ou dégradant » et rendant impossible de conclure à un procès équitable selon un rapport de l’organisation.
L’agression présumée survient dans un contexte de négociations délicates pour un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas. Le ministère israélien de la Justice a récemment publié une liste de 250 Palestiniens condamnés pour des crimes graves, susceptibles d’être libérés dans le cadre d’un échange de prisonniers. Cependant, le nom de Marwan Barghouti, ainsi que d’autres figures de proue de la résistance palestinienne, n’y figure pas, ce qui constitue une demande centrale du Hamas qui n’a pas encore été satisfaite. L’exécutif de Benjamin Netanyahu s’oppose fermement à la libération de Barghouti, qu’il considère comme une figure influente capable de renforcer la politique palestinienne et de servir de catalyseur pour l’unité.
En juillet dernier, le site d’information israélien Ynetnews avait déjà rapporté que le Hamas exigeait la libération de Barghouti en contrepartie de son accord pour un cessez-le-feu au Qatar. À ce jour, cette condition n’a pas été acceptée.
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