Publié le 16 octobre 2025 07:54:00. Le géant agroalimentaire Nestlé va supprimer près de 6 % de ses effectifs mondiaux, soit 16 000 postes, dans le cadre d’un plan de restructuration visant à réduire ses coûts et à relancer sa croissance, après un changement de direction marqué par un scandale.
- Nestlé prévoit de supprimer 16 000 emplois sur les deux prochaines années, touchant les cols blancs et la chaîne d’approvisionnement.
- Le nouveau directeur général, Philipp Navratil, ambitionne de réaliser 3 milliards de francs suisses (2,8 milliards de livres sterling) d’économies d’ici 2027.
- Ces mesures interviennent après un trimestre marqué par une légère baisse du chiffre d’affaires et suite au licenciement du précédent PDG pour non-divulgation d’une relation amoureuse.
Le groupe Nestlé, propriétaire de marques emblématiques telles que KitKat, Nescafé, Häagen-Dazs et Nespresso, a annoncé un plan de restructuration massif visant à optimiser ses opérations et à améliorer sa performance financière. Cette décision intervient dans un contexte économique mondial en mutation et sous la direction de son nouveau PDG, Philipp Navratil, arrivé en poste le mois dernier.
Selon les informations divulguées, les suppressions de postes concerneront 12 000 employés de bureau et 4 000 personnes travaillant dans la production et la logistique, représentant environ 6 % de l’effectif total de l’entreprise. « Le monde change et Nestlé doit changer plus vite », a déclaré Philipp Navratil.
« Cela impliquera de prendre des décisions difficiles mais nécessaires pour réduire les effectifs au cours des deux prochaines années. Nous le ferons avec respect et transparence. »
Philipp Navratil, directeur général de Nestlé
L’arrivée de M. Navratil a été précédée par un remaniement en interne. Son prédécesseur, Laurent Freixe, avait été limogé suite à la révélation qu’il n’avait pas déclaré une relation amoureuse avec une subordonnée. Deux semaines plus tard, le président de l’entreprise, Paul Bulcke, a également démissionné, créant une période d’instabilité pour le groupe.
Le nouveau directeur général a annoncé une accélération du plan d’économies initié par son prédécesseur, avec un objectif revu à la hausse de 3 milliards de francs suisses (2,8 milliards de livres sterling) d’économies d’ici 2027, contre 2,5 milliards de francs suisses initialement prévu. Nestlé entend ainsi dégager des liquidités pour investir dans l’innovation et la croissance.
Les résultats du troisième trimestre 2025 ont révélé une baisse de 1,9 % du chiffre d’affaires, s’élevant à 65,9 milliards de francs suisses. Cette diminution est en partie attribuable à des fluctuations défavorables des taux de change, mais les ventes organiques ont augmenté de 3,3 %. L’entreprise souligne que cette croissance est en partie due à des hausses de prix liées à l’inflation, notamment sur les marchés où les coûts du café et du cacao ont augmenté en raison de conditions météorologiques extrêmes.
Selon Chris Beckett, analyste chez Quilter Cheviot, le nouveau PDG de Nestlé entend marquer son empreinte.
« Le nouveau directeur général de Nestlé a utilisé les résultats d’aujourd’hui pour indiquer que malgré son expérience en tant qu’employé de Nestlé, les affaires ne se dérouleront pas comme d’habitude. [Il est] heureux [de] prendre des mesures drastiques pour arrêter la chute de Nestlé. La direction a de grandes ambitions : ramener Nestlé là où elle a été historiquement, mais pour l’instant, l’entreprise est un travail en cours. »
Chris Beckett, analyste des biens de consommation de base chez Quilter Cheviot
Géographiquement, Nestlé a enregistré une croissance organique dans toutes les régions, avec une progression de 5,2 % sur les marchés émergents et de 2,1 % sur les marchés développés.
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