L’Indonésie persiste dans sa politique de non-reconnaissance d’Israël, refusant les visas aux athlètes israéliens souhaitant participer à des compétitions sportives sur son territoire. Cette décision, enracinée dans l’histoire du pays, a récemment conduit à une contestation de la Fédération internationale de gymnastique (FIG) et relance le débat sur le rôle de la politique dans le sport.
Le ministre indonésien de la Jeunesse et des Sports, Erick Thohir, a confirmé que le pays est prêt à défendre sa position devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). « Nous sommes conscients de l’intention de la Fédération israélienne de gymnastique de faire appel au TAS. Nous anticipons cette procédure et y répondrons avec respect, en nous conformant aux règles et réglementations du TAS et de l’Indonésie », a-t-il déclaré.
Cette politique remonte à la présidence de Soekarno, le premier président indonésien, qui avait refusé de reconnaître l’État d’Israël. Cette position a façonné la diplomatie indonésienne pendant des décennies. En 1962, l’Indonésie avait déjà exclu les athlètes israéliens des Jeux asiatiques, ce qui avait entraîné une suspension par le Comité international olympique (CIO) et un boycott des Jeux olympiques de Tokyo en 1964.
Plus récemment, en mars 2023, l’Indonésie a perdu l’organisation de la Coupe du monde de football des moins de 20 ans après le refus du gouverneur de Bali d’accueillir l’équipe israélienne. La situation actuelle s’inscrit dans un contexte international tendu, marqué par le conflit israélo-palestinien.
Depuis l’offensive lancée par Israël en réponse à l’attaque du Hamas contre le sud d’Israël le 7 octobre 2023 – qui a fait 1 200 morts et entraîné la prise de 251 otages à Gaza – plus de 67 000 personnes ont été tuées dans la bande de Gaza, selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas. Ces chiffres sont considérés comme fiables par les Nations unies et d’autres organisations internationales. L’ONU estime que plus de neuf bâtiments résidentiels sur dix ont été endommagés ou détruits.
Le mois dernier, une commission d’enquête de l’ONU a officiellement accusé Israël de génocide contre les Palestiniens à Gaza, une allégation que l’État hébreu a rejetée. Lundi dernier, un accord de cessez-le-feu a permis la libération de 20 otages israéliens et de centaines de détenus palestiniens.
Shenar, une porte-parole de la Fédération israélienne de gymnastique, a qualifié la décision indonésienne de « malencontreux », soulignant le mauvais timing compte tenu des événements récents. Elle a insisté sur la nécessité de séparer le sport de la politique, reprochant à la FIG de ne pas avoir suffisamment agi. « Nous espérions une solution diplomatique, bien avant une solution juridique », a-t-elle affirmé. Selon elle, la FIG avait assuré que les autorités indonésiennes avaient donné leur accord pour la participation des athlètes israéliens.
« Il ne fait aucun doute, à nos yeux, que la FIG, qui fait partie du CIO, est responsable de ce fiasco. Elle doit respecter toutes les règles et ne pas ignorer la Charte olympique », a-t-elle ajouté.
Par ailleurs, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a récemment appelé à l’exclusion d’Israël des compétitions sportives internationales en raison de ses actions à Gaza. Des demandes similaires ont été formulées par l’UEFA, l’instance dirigeante du football européen, pour suspendre les équipes israéliennes des compétitions. La course cycliste Vuelta a Espana a également été perturbée par des manifestations pro-palestiniennes.
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