Home SantéCartographie de l’empreinte écologique et des besoins en personnel dans le traitement du cancer de la vessie à invasion musculaire

Cartographie de l’empreinte écologique et des besoins en personnel dans le traitement du cancer de la vessie à invasion musculaire

by Sophie Martin

Publié le 16 octobre 2025. Une étude menée par des chercheurs de l’Erasmus MC révèle des différences significatives en termes d’impact environnemental et de charge de travail entre deux approches thérapeutiques courantes pour le cancer de la vessie invasif : la cystectomie radicale et la chimioradiothérapie.

  • La cystectomie radicale apparaît comme l’option la plus durable sur le plan environnemental.
  • La chimioradiothérapie nécessite moins de personnel soignant, mais génère une empreinte carbone plus importante, principalement en raison des déplacements des patients.
  • L’étude souligne l’importance de prendre en compte à la fois l’impact écologique et les besoins en ressources humaines lors du choix du traitement.

Des chercheurs de l’Erasmus MC ont analysé en profondeur l’impact environnemental et l’organisation du travail liés à deux traitements standards pour le cancer de la vessie à invasion musculaire : la cystectomie radicale (ablation chirurgicale de la vessie) et la chimioradiothérapie (combinaison de chimiothérapie et de radiothérapie). L’objectif était d’identifier les options les plus durables et les plus efficaces en termes de ressources, dans un contexte de préoccupations croissantes concernant l’empreinte écologique des soins de santé et la pénurie de personnel médical.

Pour cette analyse dite « du berceau à la porte », l’équipe a recensé un total de 284 produits médicaux utilisés dans les deux procédures, ainsi que la consommation d’énergie associée. Les résultats indiquent que l’empreinte carbone totale d’une cystectomie radicale s’élève à 208 kg d’équivalents CO₂, tandis que celle de la chimioradiothérapie atteint 264 kg d’équivalents CO₂. L’écart est principalement dû aux déplacements des patients pour la chimioradiothérapie, qui représentent 74 % de son empreinte carbone totale, en supposant que la majorité des patients se rendent à l’hôpital en voiture à essence.

En termes de consommation d’énergie, la chimioradiothérapie est également plus gourmande, avec une consommation 1,5 fois supérieure à celle de la cystectomie radicale. Dans le cas de la chirurgie, l’utilisation des produits médicaux contribue pour 49 % à l’empreinte écologique globale. Un contraste notable se manifeste également au niveau du déploiement du personnel : 93,5 heures de temps de travail par patient pour une cystectomie radicale, contre seulement 29 heures pour une chimioradiothérapie.

« Une nouvelle stratégie à long terme de l’Erasmus MC, qui inclut un rôle majeur en matière de durabilité, a semé les graines de l’étude. Nous avons voulu cartographier l’empreinte écologique des soins de santé et examiner l’utilisation de la main-d’œuvre, compte tenu du manque de personnel que connaissent actuellement les soins de santé. »

Prof. Dr. Joost Boormans

Les chercheurs suggèrent que des stratégies pour rendre les traitements plus durables pourraient se concentrer sur l’optimisation du transport des patients, la réduction de l’utilisation de produits jetables et le recours à des sources d’énergie renouvelable. Une meilleure compréhension des besoins en personnel pourrait également contribuer à une allocation plus efficace des ressources humaines, particulièrement rares dans le secteur de la santé.

« Nous nous sommes concentrés sur les facteurs sur lesquels vous, en tant qu’hôpital, pouvez influencer. C’est pourquoi nous avons choisi d’inclure tout ce qui se passe dans l’enceinte de l’hôpital. Nous avons examiné toutes les nécessités du traitement : le matériel, l’équipement et l’électricité consommée. Et aussi l’affectation du personnel. »

Vera Rutten, doctorante

L’étude révèle également que l’impact écologique du traitement peut varier en fonction de la distance domicile-hôpital. Selon les chercheurs, la chimioradiothérapie pourrait être privilégiée pour les patients habitant à moins de 15 kilomètres de l’hôpital, tandis que la chirurgie serait plus appropriée pour les patients résidant plus loin. Ils soulignent que cette recherche constitue une première étape et qu’elle ouvre la voie à de nouvelles études, notamment sur le cancer de la prostate, afin d’évaluer l’impact environnemental des différentes options thérapeutiques.

Source : Rutten VC, Hesseling SA, Franckena M et al. Carbon footprint and staff requirements for surgery and chemoradiotherapy for muscle-invasive bladder cancer. BJU Int. 3 septembre 2025. En ligne avant impression.

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