Une vague de répression frappe les chrétiens en Chine, avec l’arrestation de dizaines de pasteurs de l’Église de Sion, l’une des plus importantes églises clandestines du pays. Cette opération policière, qui s’est intensifiée ces derniers jours, est considérée comme la plus vaste depuis 2018.
Le pasteur Ezra Jin Mingri, fondateur de l’Église de Sion, a été interpellé vendredi dernier à son domicile de Beihai, dans le sud de la Chine, a révélé sa fille, Grace Jin, depuis les États-Unis. Il était déjà sous surveillance et se voyait interdire de quitter le territoire chinois.
Créée en 2007, l’Église de Sion a essuyé des fermetures par le passé, mais a continué de croître, rassemblant aujourd’hui environ 5 000 fidèles réguliers dans près de 50 villes à travers le pays. Selon Sean Long, porte-parole de l’église, cette vague d’arrestations s’inscrit dans un contexte de persécution religieuse croissante cette année.
D’autres pasteurs et responsables de l’Église de Sion ont également été arrêtés ou sont portés disparus dans différentes villes chinoises, selon les témoignages recueillis. Environ 20 dirigeants d’églises seraient actuellement en détention.
Ce n’est pas la première fois que les autorités chinoises s’en prennent à l’Église de Sion. En août 2018, le pasteur Jin avait refusé d’installer des caméras de surveillance dans le sanctuaire, suite à une demande gouvernementale. Quelques semaines plus tard, l’église, qui comptait alors 1 500 membres, était déclarée illégale et son activité interdite.
La Chine distingue deux types d’églises : celles enregistrées auprès du gouvernement, connues sous le nom d’Églises des Trois-Autonomies, qui acceptent de se conformer aux règles communistes, et les églises dites « souterraines », qui opèrent en dehors de tout contrôle étatique.
Le gouvernement chinois a récemment renforcé sa surveillance de la religion sur Internet. En septembre dernier, un nouveau « Code de conduite pour le clergé religieux sur Internet » a été publié, interdisant notamment la prédication en dehors des plateformes approuvées et toute forme d’autopromotion religieuse.
Le pasteur Jin est accusé d’« utilisation illégale des réseaux d’information », un chef d’accusation passible de sept ans de prison. Ses partisans craignent qu’il et d’autres pasteurs ne soient poursuivis pour avoir diffusé des informations religieuses en ligne.
« Il a déjà été hospitalisé pour diabète. Nous sommes très inquiets pour sa santé, car il a besoin de médicaments », a déclaré Grace Jin. Elle a également exprimé son inquiétude face à l’impossibilité pour les avocats de rencontrer les pasteurs arrêtés.
Ces arrestations interviennent après les déclarations du président chinois Xi Jinping, le mois dernier, concernant la nécessité d’une « application stricte de la loi » et de la « sinisation de la religion » en Chine. Ce terme de « sinisation » fait référence à l’intégration de l’idéologie du Parti communiste chinois dans toutes les sphères de la vie religieuse.
Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a appelé dimanche à la libération immédiate du pasteur Jin et des autres dirigeants de l’Église de Sion, dénonçant une nouvelle illustration de l’hostilité du Parti communiste chinois envers les chrétiens qui refusent son ingérence dans leur foi.
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