Home Divertissement‘The Mastermind’ review: Josh O’Connor isn’t the sharpest art thief

‘The Mastermind’ review: Josh O’Connor isn’t the sharpest art thief

by Antoine Girard

Un vol d’art audacieux, un protagoniste désabusé et une Amérique en pleine turbulence : le nouveau film de Kelly Reichardt, The Mastermind, explore les conséquences d’un crime improbable à travers un portrait psychologique fascinant.

Dans ce polar atypique, qui sortira en salles limitées le 17 octobre, on suit James Mooney (Josh O’Connor), un menuisier chômeur de la classe moyenne du Massachusetts. Loin d’être un criminel né, James se lance dans le vol d’œuvres d’art dans un musée local, souvent en compagnie de sa femme, Teri (Alana Haim), et de leurs deux jeunes fils. Ce qui l’anime, plus qu’une soif de richesse, semble être un profond ennui et un sentiment d’aliénation.

Le film ne s’attarde pas sur la planification minutieuse du braquage, mais plutôt sur ses suites chaotiques. L’opération, maladroite et ponctuée d’incidents – notamment l’utilisation de collants comme masques, une image pour le moins ridicule – révèle rapidement que James n’est pas un voleur hors pair. Un moment symbolique se produit lorsqu’il fait tomber l’échelle en cachant les tableaux volés dans le foin d’une grange, une gaffe à la fois amusante et révélatrice de son manque de préparation.

Kelly Reichardt dépeint avec finesse la délinquance d’un homme privilégié, porté par une interprétation hypnotique de Josh O’Connor. Son regard perdu, sa posture et ses mouvements traduisent un détachement profond du monde qui l’entoure. À mesure que James prend la fuite, la photographie de Christopher Blauvelt évolue, abandonnant les couleurs automnales vives pour des tons gris et des intérieurs sombres. Il apparaît moins comme un rebelle en cavale que comme un paria abandonné à son sort, une impression confirmée par Gaby Hoffmann, dans le rôle de l’épouse d’un ami qu’il rencontre sur la route.

La bande originale de Ray Mazurek, initialement marquée par un jazz énergique aux cuivres, se transforme également, glissant vers des solos de batterie saccadés, reflétant l’état d’esprit de James. En toile de fond, l’année 1970 se manifeste à travers des affiches de Nixon, des slogans anti-guerre, des images de la guerre du Vietnam à la télévision et des scènes de manifestations. Ces éléments, intégrés avec subtilité par Reichardt, rappellent que le geste désespéré de cet esthète blasé est une forme particulièrement vaine de rébellion.

Le film soulève une question troublante : un James Mooney contemporain, tout aussi désorienté et arrogant, se tournerait-il vers le vol d’art pour combler son vide existentiel ? Ou, grâce à internet, se laisserait-il tenter par des actes bien plus graves ? Le titre ironique, The Mastermind, suggère que le véritable danger réside peut-être dans la « mauvaise » nature masculine qui sommeille en lui.

The Mastermind est une œuvre captivante qui interroge les notions de destin et de fortune, et qui confirme le talent unique de Kelly Reichardt pour observer et décrypter les complexités de l’âme humaine.

The Mastermind
Interdiction : R (pour certains propos)
Durée : 1 heure 50 minutes
Sortie en salles limitées le 17 octobre.

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