Publié le 17 octobre 2025 à 02:51:00. Le ministère de l’Éducation nationale prévoit une légère augmentation de son budget pour 2026, mais cette hausse s’accompagne de suppressions de postes d’enseignants liées à la baisse démographique, compensées en partie par la création de nouveaux postes dans le cadre d’une réforme de la formation.
- Le projet de budget 2026 prévoit environ 4 000 suppressions de postes d’enseignants.
- La réforme de la formation initiale des enseignants, qui ramène les concours à un niveau bac +3, entraînera la création de nouveaux postes de professeurs stagiaires.
- Le budget de l’Éducation nationale augmentera de 200 millions d’euros, atteignant 64,5 milliards d’euros, avec une création nette de 5 440 équivalents temps plein (ETP).
Le nouveau ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a clarifié jeudi la situation budgétaire de son ministère, expliquant que les suppressions de postes sont directement liées à la diminution du nombre d’élèves. Il a souligné que ces suppressions s’équilibrent avec les créations de postes issues de la nouvelle mouture des concours enseignants.
« Il y a des suppressions de postes d’un côté, il y a des créations de postes de l’autre », a-t-il déclaré en marge d’une visite dans une école élémentaire de Soisy-sur-Seine (Essonne). « D’un côté, ce sont des postes qui correspondent, pour faire simple, à l’effondrement démographique, et de l’autre, il y a des créations de postes qui correspondent aux concours, qui seront en fait nos futurs professeurs », a-t-il ajouté. « Le solde des deux fait que le ministère de l’Éducation nationale continue à créer des emplois cette année ».
Cette balance positive est en grande partie due à la réforme de la formation initiale des enseignants, annoncée en mars dernière. Cette réforme prévoit un retour aux concours enseignants de niveau bac +3, les étudiants devenant ensuite élèves fonctionnaires pendant un an, puis fonctionnaires stagiaires l’année suivante. Pendant la phase de transition (2026 et 2027), les concours seront ouverts aux niveaux bac +3 et bac +5.
Selon M. Geffray, « Cette année, les concours, c’est 46 % de postes en plus qui sont ouverts ». Interrogé sur le chiffre de 4 000 suppressions de postes, évoqué par le syndicat Snes-FSU, le ministre a confirmé qu’il s’agissait « à peu près des ordres de grandeur ».
Les syndicats enseignants ont toutefois exprimé leur inquiétude face à ces suppressions de postes, qu’ils qualifient de « massives », et qui, selon eux, sont masquées par les créations d’emplois affichées. Le Snes-FSU, premier syndicat des collèges et lycées, estime que le budget prévoit une suppression de 4 018 emplois ETP d’enseignants (2 373 dans le premier degré public et privé et 1 645 dans le second degré).
Le schéma total d’emploi du ministère prévoit néanmoins 5 400 créations d’emplois (public et privé confondus), grâce à la création de 7 938 postes de fonctionnaires stagiaires, dont seule une partie sera affectée à des classes l’année prochaine, selon le syndicat. Sont également prévus la création de 1 200 postes d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) et 200 postes dans le secteur médico-social.