Trois individus ont été condamnés à de lourdes peines de prison, allant jusqu’à 29 ans, par un tribunal londonien pour avoir planifié un attentat terroriste contre une mosquée. Leur motivation : mener une « guerre raciale » inspirée par l’idéologie nazie.
Brogan Stewart a écopé de 11 ans de prison, Christopher Ringrose de 10 ans, et Marco Pizzetto de 8 ans, assortis de périodes supplémentaires de surveillance après leur libération. Le verdict est tombé après un procès de neuf semaines au cours duquel ils ont été reconnus coupables de préparation d’actes terroristes et de collecte d’informations susceptibles d’être utilisées à des fins terroristes.
L’enquête a révélé que les trois hommes formaient un groupe en ligne qu’ils avaient baptisé « Insert 14 », une référence directe aux unités nazies de la Seconde Guerre mondiale. Ils échangeaient des centaines de messages sur l’application Telegram, glorifiant Adolf Hitler et les auteurs d’actes de haine, tout en élaborant des plans d’attaques contre des lieux de culte, notamment un centre d’éducation islamique situé à Leeds. Ils avaient même envisagé d’enlever et de torturer l’imam de cette mosquée.
Les services de sécurité ont pu déjouer leurs plans grâce à l’infiltration d’un agent secret, surnommé « Cœur noir », au sein de leur groupe en ligne. Cette présence a permis de suivre leur activité et de constater l’escalade de leur rhétorique violente, passant de simples propos haineux à une planification concrète d’attaques. Les trois hommes ont été arrêtés le 20 février 2024, avant qu’ils ne puissent passer à l’action.
Lors des perquisitions, la police a saisi plus de 200 couteaux et épées, ainsi que des équipements de protection et un pistolet à impulsion électrique. Des composants d’une arme à feu semi-automatique, imprimés en 3D par Ringrose, ont également été découverts. Les procureurs ont souligné le potentiel destructeur d’une telle arme.
« Nous avons constaté l’évolution de leur discours et l’intensification de leur haine, ainsi que leurs tentatives d’identifier une cible réelle », a déclaré le chef de l’unité antiterroriste du nord-est de l’Angleterre, James Dunkerley. « Lorsque nous avons perçu cette escalade et leur désir de passer à l’action, nous avons pris les mesures nécessaires pour les arrêter. »
L’enquête a mis en évidence le fait que les accusés ne s’étaient jamais rencontrés en personne avant leur comparution devant le tribunal, leurs communications se limitant au cyberespace. « Ces individus se sont rencontrés en ligne, animés par des préjugés raciaux extrémistes, et leurs positions radicales ont été renforcées mutuellement jusqu’à ce qu’ils soient prêts à passer à l’action », a ajouté Dunkerley. « Sans notre intervention, les conséquences auraient été graves. »
Le dossier présenté au tribunal comprenait un rapport de 374 pages détaillant l’activité des accusés sur Internet. Ce rapport révélait des propos haineux et racistes envers les personnes noires et non-blanches, en particulier les musulmans et les immigrés, ainsi qu’une promotion des idées de suprématie blanche et une glorification du parti nazi et d’Adolf Hitler.
Le jury a visionné des enregistrements et examiné des documents, notamment une vidéo de Stewart portant un casque militaire allemand et un brassard nazi, se qualifiant de « Führer », tandis que Ringrose imprimait les pièces de l’arme et que Pizzetto collectait des informations sur des cibles potentielles.
Le juge a estimé que l’idéologie extrémiste des accusés persistait et qu’ils représenteraient un danger même après leur libération, justifiant ainsi les longues peines d’emprisonnement assorties de périodes de surveillance. Il a souligné que leurs plans avaient été surveillés et interceptés par les autorités avant de pouvoir se concrétiser.