Le Parlement portugais a adopté une loi controversée interdisant le port de vêtements dissimulant le visage en public, une mesure portée par le parti d’extrême droite Chega et visant principalement les voiles islamiques. Cette décision place le Portugal sur la voie de pays européens ayant déjà pris des mesures similaires, ravivant le débat sur la liberté religieuse et l’intégration.
La législation, approuvée avec le soutien des partis de centre-droit, interdit spécifiquement les vêtements tels que la burqa et le niqab – respectivement, un voile intégral recouvrant entièrement le corps d’une femme et un voile laissant seulement les yeux visibles. Elle prévoit des amendes allant de 200 à 4 000 € (174 £ à 3 475 £) pour toute infraction.
Des exceptions sont toutefois prévues : le port de ces voiles restera autorisé dans les avions, les ambassades et les lieux de culte. La dissimulation du visage sera également permise pour des raisons de santé, professionnelles, artistiques ou publicitaires.
Le parti Chega justifie cette interdiction en affirmant que le fait de dissimuler le visage « soumet les individus – en particulier les femmes – à des situations d’exclusion et d’infériorité », ce qui est, selon eux, incompatible avec les principes de « liberté, d’égalité et de dignité humaine ». André Ventura, leader de Chega, a déclaré que toute personne arrivant au Portugal doit « se conformer, respecter et faire en sorte que les coutumes et les valeurs du pays soient respectées ».
Cette loi intervient alors que d’autres pays européens, comme l’Autriche, la France, la Belgique et les Pays-Bas, ont déjà adopté des interdictions similaires, souvent motivées par des préoccupations liées à la sécurité et à l’identité nationale. Récemment, le parti au pouvoir en Italie, Frères d’Italie, a également déposé une proposition de loi visant à interdire la burqa et le niqab, dans le cadre d’une lutte contre le « séparatisme culturel ».
L’opposition, menée par le Parti Socialiste, a fermement critiqué cette législation, dénonçant une mesure ciblant les étrangers et les personnes d’une autre confession. Pedro Delgado Alves, du Parti Socialiste, a souligné que, bien qu’il ne faille forcer aucune femme à porter le voile, l’approche de Chega est inappropriée. « …même si aucune femme ne devrait être obligée de porter le voile, l’approche du parti d’extrême droite était erronée… »
À ce stade, le projet de loi doit encore être approuvé par le président portugais, Marcelo Rebelo de Sousa, qui pourrait y opposer son veto ou le soumettre à l’examen de la Cour constitutionnelle. Bien que le port de ces voiles soit rare au Portugal, la question suscite un débat public similaire à celui observé dans d’autres pays européens.
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