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Habs: The chance to recreate a dynasty?

L’espoir renaît chez les partisans du Canadien de Montréal. Après des années de disette, l’équipe semble avoir posé les fondations d’un avenir prometteur, voire d’une nouvelle dynastie, grâce à une stratégie de repêchage astucieuse et une culture d’équipe…

Habs: The chance to recreate a dynasty?

L’espoir renaît chez les partisans du Canadien de Montréal. Après des années de disette, l’équipe semble avoir posé les fondations d’un avenir prometteur, voire d’une nouvelle dynastie, grâce à une stratégie de repêchage astucieuse et une culture d’équipe en pleine consolidation.

Le souvenir des années sombres du début des années 2000 reste vif dans la mémoire de nombreux amateurs. Des soirées passées au Grimoire, près de l’UQAM, avec une bière et une saucisse à la choucroute, à encourager une équipe qui se battait avec acharnement, mais qui manquait cruellement de ressources. Semyon Koivu, souvent blessé ou malade, partageait le filet avec des gardiens comme Hackett et Théodore, considérés comme les véritables vedettes de l’époque. On se souvient également de Sergei Zholtok, décédé trop tôt, qui avait été le meilleur marqueur de l’équipe en 2000 avec 26 buts, et de Rucinsky, avec ses 46 points la même année. Petrov avait égalé le nombre de points de Koivu en 2001, atteignant les 47 points, tandis que Zubrus semblait parfois jouer comme si le filet était relégué au coin de la patinoire.

Si les années 2003 à 2021, sous les bannières de Gainey-Gauthier et Bergevin, ont connu des moments plus heureux – avec des saisons remarquables orchestrées par Kovalev, puis Price et Subban, et des parcours éliminatoires mémorables en 2010 (avec Halak!), 2014 et 2021 – la période a néanmoins été marquée par une longue absence de conquêtes. Trente-deux ans sans Coupe Stanley, un fait rare dans l’histoire riche du club. Marc Bergevin a toutefois contribué de manière significative à l’essor actuel de l’équipe, et la culture que Molson, Gorton, Hughes et St-Louis s’efforcent de bâtir inspire confiance aux partisans, tant au Centre Bell qu’ailleurs.

Mais c’est la stratégie actuelle qui suscite un optimisme particulier. Selon une théorie popularisée par Simon « Snake » Boisvert, une équipe sérieuse qui vise la Coupe Stanley doit s’appuyer sur un noyau de joueurs au-dessus de la moyenne, idéalement du même groupe d’âge. Cela se traduit souvent par une douzaine de joueurs repêchés dans le top 15 ou 20 de leur année de draft, dont plusieurs auraient même pu être sélectionnés dans le top 5.

Or, l’équipe actuelle du Canadien semble respecter, voire dépasser, ce modèle. Pas moins de 17 joueurs de l’effectif actuel méritent d’être considérés parmi les 20 meilleurs joueurs de leur cuvée. On peut citer Gallagher (147e en 2010), Matheson (23e en 2012), Anderson (95e en 2012), Laine (2e en 2016), Montembeault (77e en 2015), Suzuki (13e en 2017), Dobson (11e en 2018), Dach (3e en 2019), Caufield (15e en 2019), Newhook (16e en 2019), Guhle (16e en 2020), Dobes (136e en 2020), Bolduc (17e en 2021), Kapanen (64e en 2021), Slafkovsky (1er en 2022), Hutson (62e en 2022) et Demidov (5e en 2024). Six d’entre eux, en particulier – Suzuki, Dobson, Caufield, Slafkovsky, Hutson et Demidov – auraient même pu être parmi les cinq premiers choix de leur année de draft.

À cela s’ajoutent quatre espoirs prometteurs – Reinbacher (5e en 2023), Fowler (69e en 2023), Hage (21e en 2024) et Zharovsky (34e en 2025) – qui pourraient rejoindre l’équipe prochainement. Et ce, sans oublier des joueurs comme Carrier, Evans, Xhekaj et Struble, qui apportent une profondeur et une expérience précieuses à l’équipe.

L’équipe est certes jeune et manque encore d’expérience, mais l’ajout d’un vétéran de qualité au centre pourrait faire la différence, un joueur du calibre de Crosby, par exemple, pour aider Demidov à s’épanouir. Hughes et Gorton semblent privilégier la patience, mais il serait difficile de résister à une telle opportunité.

L’histoire nous enseigne que les équipes gagnantes sont souvent composées d’un noyau de jeunes joueurs talentueux. En 1986, lors de la conquête de la Coupe Stanley, seuls Robinson et Gainey avaient plus de 30 ans. La moitié de l’équipe avait 25 ans ou moins. Richer et Roy avaient 19 ans, Lemieux 20 ans et Chelios, à sa deuxième saison, 23 ans. Une situation qui rappelle étrangement le contexte actuel.

En fin de compte, si l’on considère l’âge, la force et la taille du noyau, le contexte de la hausse du plafond salarial et la culture salariale plus « socialiste » de l’équipe, le Canadien de Montréal dispose d’un modèle unique et favorable à une possible dynastie moderne, capable de remporter plusieurs titres sur une période de cinq à huit ans. Il ne reste plus qu’à ajouter un peu de beurre et d’assaisonnement au popcorn, comme le dirait HuGo.

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À propos de l’auteur: Antoine Girard

Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.