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“Non aux rois”, la devise des manifestations massives anti-Trump aux Etats-Unis

by Clara Dubois

Publié le 19 octobre 2025 à 02h20. Des manifestations massives ont rassemblé des millions d’Américains ce samedi, de New York à San Francisco, pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme des tendances autoritaires du président Donald Trump, quelques mois après une première vague de protestations de grande ampleur.

  • Des manifestations ont eu lieu dans plus de 2 700 villes à travers les États-Unis, rassemblant, selon les organisateurs, environ 7 millions de participants.
  • Les manifestants expriment leur inquiétude face à la concentration du pouvoir entre les mains du président Trump et craignent un glissement vers un régime autoritaire.
  • L’administration Trump a réagi de manière mitigée, avec des déclarations du président lui-même minimisant les accusations et une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux présentant une image satirique de lui en monarque.

Les rues de nombreuses villes américaines ont été le théâtre de scènes de protestation ce samedi, alors que des foules considérables ont défilé sous le slogan “Non aux rois”. Le mouvement “No Kings”, qui regroupe près de 300 organisations, estime que le président Trump s’arroge des pouvoirs excessifs et menace les fondements de la démocratie américaine.

Les rassemblements ont pris une ampleur nationale, touchant non seulement les grandes métropoles comme Washington, Boston, Chicago et Atlanta, mais aussi des villes de moindre importance et même les environs de la résidence de Donald Trump à Mar-a-Lago, en Floride. À New York, des milliers de personnes ont arpenté Broadway depuis Times Square, brandissant des pancartes et exprimant leur opposition avec ferveur, mais dans une ambiance généralement joviale.

Parmi les manifestants, Nadja Rutkowski, une immigrée allemande aux États-Unis depuis l’âge de 14 ans, a exprimé sa crainte de voir l’histoire se répéter.

« Je viens d’un pays où ce qui se passe aujourd’hui s’est déjà produit en 1938. Des gens sont kidnappés dans les rues. On le sait, on le voit, ça se passe en temps réel. Il faut donc se lever. »

Nadja Rutkowski, manifestante

Les pancartes affichaient des messages tels que “Les reines disent non aux rois” et “Nous manifestons parce que nous aimons l’Amérique et que nous voulons la récupérer !”. Ces manifestations font suite à une première vague de protestations en juin, déclenchée par la décision de Donald Trump d’envoyer des troupes à Los Angeles, une action perçue par ses détracteurs comme une tentative d’agir comme un dictateur.

Il s’agit de la plus importante journée de manifestations depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier. En juin dernier, le président avait menacé d’utiliser une force « très importante » pour réprimer toute perturbation du défilé militaire à Washington DC, et avait depuis étendu le déploiement de troupes dans les villes américaines, suscitant l’indignation de ses opposants.

Interrogé sur les manifestations, Donald Trump a minimisé leur signification, déclarant sur Fox News :

« Ils disent qu’ils me considèrent comme un roi. Je ne suis pas un roi. »

Donald Trump, président des États-Unis

Stephanie, une employée d’hôpital de 36 ans, a quant à elle affirmé :

« Ce président est une honte et j’espère qu’il y a des millions de personnes dans les rues aujourd’hui. »

Stephanie, employée d’hôpital

Les réactions à ces protestations ne se sont pas limitées aux manifestants et au président. Sur X (anciennement Twitter), l’équipe de communication de Donald Trump a publié une vidéo générée par l’intelligence artificielle, montrant le président vêtu d’une tenue royale et saluant depuis un balcon. Du côté républicain, Mike Johnson, le président de la Chambre des représentants, a qualifié la journée de protestation de manifestation de « haine envers l’Amérique ». Le député démocrate Glenn Ivey a rejeté cette qualification, estimant que les manifestants exprimaient une réaction légitime aux actions de l’administration Trump.

Deirdre Schifeling, directrice politique et de plaidoyer de l’Union américaine des libertés civiles, a souligné que les manifestants souhaitaient rappeler que les États-Unis sont

« un pays d’égaux, un pays de lois qui s’appliquent à tous, de procédures régulières et de démocratie. Nous ne serons pas réduits au silence. »

Deirdre Schifeling, directrice politique et de plaidoyer de l’Union américaine des libertés civiles

Leah Greenberg, co-fondatrice du Projet Indivisible, a critiqué les mesures prises par l’administration Trump, telles que l’envoi de la Garde nationale dans les villes, la répression des migrants sans papiers et les poursuites judiciaires contre les opposants politiques, les qualifiant de « manuel classique de l’autoritarisme ». Paulo, un manifestant à Washington, a fait part de son sentiment de déjà-vu, rappelant son enfance sous la dictature militaire au Brésil. Isaac Harder, 16 ans, a exprimé sa crainte pour l’avenir de sa génération, dénonçant une « trajectoire fasciste ». L’acteur Robert De Niro, connu pour ses critiques virulentes envers Donald Trump, a également appelé à la mobilisation, affirmant :

« Cette fois, nous nous levons à nouveau, élevant la voix de manière non violente pour déclarer : Non aux rois. »

Robert De Niro, acteur

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