Publié le 19 octobre 2024 à 09h17. L’écart salarial entre les femmes et les hommes occupant des postes de direction dans les grandes entreprises allemandes s’est creusé en 2024, inversant une tendance observée ces dernières années. Cette situation s’explique notamment par l’arrivée de nouvelles femmes cadres avec des rémunérations initiales plus basses.
- Les femmes membres des conseils d’administration des entreprises du DAX, du MDax et du SDax ont vu leur salaire diminuer de 11 % en 2024.
- Les hommes, quant à eux, ont enregistré une légère augmentation de 0,4 % de leur rémunération.
- Pour la première fois depuis 2014, les femmes cadres de haut niveau gagnent en moyenne moins que leurs homologues masculins.
Selon une étude du cabinet de conseil EY, la rémunération moyenne des femmes membres des conseils d’administration des entreprises des trois indices boursiers s’est établie à 2,15 millions d’euros (hors fonctions de direction) en 2024, contre 2,41 millions d’euros l’année précédente. Les hommes ont perçu en moyenne 2,27 millions d’euros, en légère hausse par rapport aux 2,26 millions d’euros de 2023. La rémunération globale des membres des conseils d’administration a diminué de 3 % pour atteindre 2,57 millions d’euros en moyenne, reflétant une baisse générale des salaires des dirigeants.
Jens Massmann, associé chez EY, explique que la situation a évolué ces dernières années. Il souligne que l’époque où les femmes étaient rares au sein des conseils d’administration et pouvaient négocier des salaires élevés est révolue.
« L’époque où les femmes membres des conseils d’administration étaient rares et pouvaient parfois exiger des salaires très élevés est révolue. »
Jens Massmann, associé d’EY
Aujourd’hui, l’arrivée de nouvelles femmes cadres avec des salaires d’entrée inférieurs tire vers le bas la moyenne des rémunérations féminines.
L’étude révèle que Belen Garijo, directrice générale de Merck, est la dirigeante la mieux rémunérée avec 7,6 millions d’euros. Elle est suivie par Rebecca Short, membre du directoire de Deutsche Bank (6,5 millions d’euros) et Helen Giza, responsable de Fresenius Medical Care (5,7 millions d’euros). Hauke Stars, PDG de VW, et Helene von Roeder, directrice financière de Merck, figurent également parmi les mieux payés.
L’étude d’EY a analysé la rémunération de 368 administrateurs des plus grandes sociétés cotées en bourse, dont un nombre record de 88 femmes, représentant 23,9 % des membres des conseils d’administration. Il y a dix ans, ce chiffre n’était que de 6,4 %. La rémunération totale prise en compte comprend le salaire fixe, les primes à court terme et les primes à long terme.
L’écart salarial est particulièrement marqué au sein de l’indice phare DAX, où les hommes ont perçu en moyenne 3,38 millions d’euros en 2024, contre 2,92 millions d’euros pour les femmes, soit une différence d’environ 500 000 euros. Cet écart est moins important dans les indices MDax et SDax.
Jens Massmann attribue également la baisse globale des salaires des dirigeants à la conjoncture économique difficile et aux performances décevantes de certaines entreprises. En 2023, les rémunérations avaient fortement augmenté, mais de nombreuses entreprises n’ont pas atteint leurs objectifs en 2024, ce qui a entraîné une réduction des primes et des incitations.
« Dans un tel environnement, des augmentations de salaire élevées sont difficiles à justifier. »
Jens Massmann, associé d’EY