Publié le 19 octobre 2025 à 14h30. Après une brève période de calme, la bande de Gaza est à nouveau le théâtre d’affrontements entre Israël et le Hamas, qui s’accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis une semaine.
- Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ordonné des « efforts énergiques » contre des cibles du Hamas à Gaza.
- L’armée israélienne a mené des frappes aériennes sur Rafah, dans le sud de Gaza, en réponse à des tirs provenant de la région.
- Le Hamas nie toute implication dans les affrontements à Rafah et affirme que ses contacts avec les groupes présents sur place sont interrompus.
La situation s’est envenimée dimanche, alors que l’armée israélienne a mené des frappes aériennes sur la ville de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. Selon l’armée, ces frappes étaient une réponse directe à une attaque menée par des individus armés contre des soldats israéliens. Aucun blessé n’est à déplorer du côté israélien.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réagi en ordonnant aux forces de sécurité du pays de lancer des « efforts énergiques » contre des cibles du Hamas dans la bande de Gaza. Il accuse le Hamas d’avoir rompu le cessez-le-feu et promet de cibler ce qu’il qualifie de « cibles terroristes ». Un communiqué officiel du bureau du Premier ministre indique que Netanyahu a consulté le ministre de la Défense et de hauts responsables de la sécurité avant de prendre cette décision.
Le Hamas, pour sa part, dément toute implication dans les affrontements à Rafah. Dans un communiqué publié par ses Brigades Qassam, la branche armée du mouvement, il affirme ne pas avoir connaissance d’incidents dans la région. Le Hamas explique que Rafah est une « zone rouge » sous contrôle israélien et que les contacts avec ses groupes restants sur place ont été coupés depuis la reprise des combats en mars dernier. Malgré ces dénégations, le Hamas réaffirme son attachement au cessez-le-feu.
Les autorités palestiniennes rapportent que 38 personnes ont été tuées et 143 blessées dans les attaques israéliennes depuis le début du cessez-le-feu. Elles accusent Israël d’avoir violé l’accord à 47 reprises au cours des dix derniers jours. Le ministère de la Santé de Gaza a indiqué que 18 Palestiniens tués ont été hospitalisés au cours des dernières 24 heures. Le bilan total de la guerre, qui dure depuis près de deux ans, s’élève désormais à 68 159 morts, selon les chiffres des autorités sanitaires palestiniennes, considérés comme fiables par l’ONU.
Un responsable israélien, sous couvert d’anonymat, a déclaré à l’agence de presse AFP que les soldats israéliens se trouvaient derrière ce qu’Israël appelle la « ligne jaune » – une zone de la bande de Gaza occupée par Israël où l’accès aux Palestiniens est interdit – lorsqu’ils ont été attaqués. Israël confirme avoir mené des frappes aériennes sur Rafah, mais rejette la responsabilité sur le Hamas.
Selon Eirik Løkke, analyste au groupe de réflexion Civita, le cessez-le-feu entre le Hamas et Israël représente une victoire politique majeure pour le président américain Donald Trump, mais il met en garde contre la fragilité de la situation. Le compte X d’Israël a publié un message à ce sujet.
« La trêve entre le Hamas et Israël est une victoire politique majeure pour Trump, mais elle est fragile et les combats militaires peuvent facilement reprendre. Si le cessez-le-feu est rompu, ce sera une perte diplomatique et politique majeure pour Trump, et il risque de perdre son capital et sa crédibilité en matière de politique étrangère. »
Eirik Løkke, analyste au groupe de réflexion Civita
Løkke estime également qu’une nouvelle escalade de la violence pourrait être une source de frustration personnelle pour le président américain, qui espère obtenir une reconnaissance pour ses efforts de médiation.

GAZA : Une image de drone montre la destruction dans une zone résidentielle lors d’un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas à Gaza, dans la ville de Gaza, le 19 octobre.
Photo : Dawoud Abu Alkas / Reuters / NTB