Publié le 20 octobre 2025 à 01h37. La fragile trêve à Gaza a été remise en question après des affrontements qui ont coûté la vie à deux soldats israéliens et déclenché des frappes aériennes israéliennes en réponse, faisant au moins 26 morts côté palestinien. L’administration américaine tente de relancer l’aide humanitaire à l’enclave.
- Des affrontements ont conduit à la mort de deux soldats israéliens et à des frappes aériennes israéliennes sur Gaza, faisant au moins 26 victimes palestiniennes.
- Le président américain Donald Trump affirme que le cessez-le-feu négocié par les États-Unis est toujours en vigueur, tout en laissant entendre que certains éléments du Hamas pourraient ne pas être liés aux violations.
- La reprise de l’aide à Gaza, suspendue par Israël en représailles, est envisagée sous la pression américaine.
La trêve fragile qui prévalait à Gaza depuis le 10 octobre, mettant fin à deux années de conflit, est à nouveau menacée. L’armée israélienne a annoncé avoir riposté après qu’un missile antichar a été tiré sur ses troupes, tuant deux soldats. Des frappes aériennes ont ensuite visé des cibles du Hamas dans toute l’enclave, notamment des commandants sur le terrain, des dépôts d’armes et un tunnel, selon l’armée.
Les autorités sanitaires palestiniennes font état d’au moins 26 morts, dont une femme et un enfant. Des habitants ont rapporté qu’une frappe avait touché une ancienne école servant d’abri à des personnes déplacées dans la région de Nuseirat.
Le président américain Donald Trump a réagi à la situation, affirmant que le cessez-le-feu qu’il avait contribué à négocier était toujours en vigueur. Il a également suggéré que les dirigeants du Hamas pourraient ne pas être impliqués dans les affrontements.
« Nous pensons que les dirigeants ne sont peut-être pas impliqués dans cela »
Donald Trump, président américain
Il a ajouté que la situation serait « gérée durement mais correctement ». Interrogé sur la justification des frappes israéliennes, M. Trump a déclaré qu’il reviendrait sur la question.
Sous la pression américaine, Israël envisage de rétablir l’aide à Gaza, qui avait été suspendue en réponse à ce qu’il qualifie de violations « flagrantes » de la trêve par le Hamas. Une source de sécurité israélienne a indiqué que la reprise de l’aide était prévue dans la matinée.
L’envoyé spécial de M. Trump, Steve Witkoff, et son gendre, Jared Kushner, doivent se rendre en Israël dans la journée, selon des responsables israéliens et américains.
La branche armée du Hamas a affirmé son attachement à l’accord de cessez-le-feu et a déclaré ne pas être au courant des affrontements à Rafah, ni avoir eu de contacts avec des groupes armés depuis mars. Le Hamas a également accusé Israël de multiples violations de la trêve, qui auraient causé la mort de 46 personnes et entravé l’acheminement de l’aide humanitaire.
Le vice-président américain JD Vance a souligné l’existence d’une quarantaine de cellules différentes au sein du Hamas, précisant qu’aucune infrastructure de sécurité n’était encore en place pour garantir leur désarmement.
« Certaines de ces cellules respecteront probablement le cessez-le-feu. Beaucoup de ces cellules, comme nous l’avons vu aujourd’hui, ne le feront pas »
JD Vance, vice-président américain
Il a estimé que la présence de forces arabes du Golfe serait nécessaire pour assurer le maintien de l’ordre et la sécurité sur le terrain.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré avoir ordonné à l’armée de répondre avec force aux violations du cessez-le-feu par le Hamas. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé que la « ligne jaune » délimitant la zone de retrait des forces israéliennes serait physiquement marquée et que toute tentative de la franchir serait accueillie par des tirs.
La situation actuelle rappelle la réponse d’Israël aux violations du cessez-le-feu conclu avec le Hezbollah libanais fin 2024, peu après son entrée en vigueur. Bien que ce cessez-le-feu soit depuis largement respecté, les tensions restent vives.
Le passage de Rafah, principal point de passage pour l’aide humanitaire vers Gaza, reste fermé depuis mai 2024. Israël conditionne sa réouverture au respect par le Hamas de ses obligations en vertu du cessez-le-feu, notamment en ce qui concerne la restitution des corps des otages décédés. Le Hamas affirme ne pas avoir d’intérêt à conserver les corps et souligne la nécessité d’un équipement spécial pour les récupérer.
L’accord de cessez-le-feu prévoit également une augmentation de l’aide humanitaire à Gaza, où des centaines de milliers de personnes sont confrontées à l’insécurité alimentaire, selon l’Observatoire mondial de la faim de l’IPC. Bien que le flux d’aide ait augmenté depuis le début de la trêve, les Nations Unies estiment qu’il est encore insuffisant.
Les questions clés du désarmement du Hamas, de la future gouvernance de Gaza, de la composition d’une force de stabilisation internationale et des démarches vers la création d’un État palestinien restent en suspens. Analyse : Le cessez-le-feu fragile à Gaza semble tenir, mais peut-il durer ?


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