Home Des sportsIndex – Sport – Même si chaque pierre a été déplacée, la suspension de quatre ans de notre olympien médaillé de bronze est devenue juridiquement contraignante

Index – Sport – Même si chaque pierre a été déplacée, la suspension de quatre ans de notre olympien médaillé de bronze est devenue juridiquement contraignante

by Camille Renault

Publié le 17 mai 2025 à 14h30. Le nageur hongrois Tamás Kenderesi a vu son appel rejeté par le Tribunal fédéral suisse, confirmant ainsi sa suspension de quatre ans pour dopage. Cette décision met un point final à une longue bataille juridique et soulève des questions sur les coûts engendrés par cette affaire.

  • Le Tribunal fédéral suisse a confirmé la décision du Tribunal arbitral du sport (TAS) concernant la suspension de Tamás Kenderesi.
  • L’affaire a entraîné des dépenses importantes pour toutes les parties impliquées, notamment pour la famille du nageur et le Groupe antidopage hongrois (HUNADO).
  • Il s’agit du premier cas positif de passeport biologique en Hongrie, établissant un précédent juridique important.

La suspension de quatre ans de Tamás Kenderesi, médaillé de bronze olympique, est désormais définitive. Le Tribunal fédéral suisse a rejeté son appel, confirmant la décision du TAS. Cette issue met fin à une saga judiciaire qui a débuté après des suspicions de dopage et a mobilisé des ressources considérables.

L’affaire, qualifiée de « litige hongrois-hongrois », a vu les autorités suisses valider point par point les arguments du Groupe antidopage hongrois (HUNADO). Ce dernier attend désormais le remboursement de ses frais par l’ancien champion. Dr. Agnès Tiszeker, responsable de HUNADO, a commenté l’affaire, soulignant l’importance de ce cas.

La défense de Kenderesi, qui a toujours nié avoir utilisé des substances ou méthodes interdites, a été rejetée à tous les niveaux. Initialement sanctionné par le Comité antidopage hongrois, il avait porté l’affaire devant le TAS, où un panel de juges, incluant un avocat hongrois nommé par Kenderesi, Dr. Péter Pákay, s’était prononcé en faveur de HUNADO. Malgré cet échec, l’avocat de Kenderesi, Dr. Tamás Hergenröder, avait tenté une ultime recours devant le Tribunal fédéral suisse, espérant l’annulation de la décision du TAS et l’obtention d’un sursis à exécution.

Cette nouvelle défaite représente un coût financier important pour Kenderesi et sa famille. Selon Dr. Tiszeker, l’affaire se distingue des autres cas de dopage traités par HUNADO car elle concerne le premier cas positif de passeport biologique en Hongrie.

« Le cas de Kenderesi est unique en raison de son passeport biologique, qui constitue un précédent. Les anomalies détectées dans ses paramètres hématologiques ont servi de preuve. Nous avons dû suivre toutes les étapes de la procédure, y compris les aspects médicaux et judiciaires, ce qui était nouveau pour nous. L’athlète a soulevé diverses objections, mais les trois instances d’arbitrage ont statué en faveur de HUNADO, confirmant la violation des règles antidopage et la validité de la suspension. »

Dr. Agnès Tiszeker, responsable de HUNADO

Dr. Tiszeker a également précisé que l’Agence mondiale antidopage (AMA) avait nommé trois experts indépendants pour analyser les anomalies du passeport biologique de Kenderesi, conformément aux règles strictes de l’AMA. Ces experts, issus de différents pays, ont confirmé la probabilité de dopage sanguin.

« L’AMA impose la présence de trois experts indépendants, nommés par elle-même et de préférence de trois pays différents. Ils travaillent séparément et donnent ensuite leur avis. Les experts ne connaissent pas l’identité de l’athlète, mais examinent uniquement les résultats des tests et les paramètres biologiques. Si les trois confirment un ‘dopage probable’, la procédure est lancée et l’athlète est invité à s’expliquer. »

Dr. Agnès Tiszeker, responsable de HUNADO

Bien que Kenderesi ait espéré que le TAS annulerait la décision nationale, ce dernier a confirmé la suspension. Le recours devant le Tribunal fédéral suisse, bien que coûteux, n’a pas abouti. HUNADO attend désormais le remboursement des frais de procédure, qui s’élèvent à un montant significatif.

« Nous ne pouvons pas divulguer les chiffres exacts pour protéger les données de l’athlète, mais les deux parties ont dû payer la moitié des frais de procédure du TAS. Cependant, le TAS et le Tribunal fédéral suisse ont statué que l’athlète devait rembourser une partie des frais de HUNADO. Nous n’avons pas encore reçu de demande de paiement de sa part, la dette reste donc en suspens. Les frais juridiques ont été un coup dur pour nous, et nous avons dû ajuster notre budget pour continuer à effectuer les contrôles antidopage nécessaires. »

Dr. Agnès Tiszeker, responsable de HUNADO

HUNADO reste ouvert au dialogue avec Kenderesi, mais refuse toute communication injurieuse ou accusatrice. L’organisation attend désormais une proposition de règlement de la dette.

« Nous sommes disponibles pour toute question, mais sur la base des conventions internationales sur le sport et des règles antidopage, il n’existe plus de recours juridique possible pour l’athlète. La décision est donc définitive », a conclu Dr. Tiszeker.

(Photo : Patrícia Bodnár / Index)

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