Sorti en 1993, le film Hocus Pocus est devenu un incontournable des soirées d’Halloween pour toute une génération, malgré un démarrage timide au box-office. Redécouvert récemment, ce conte fantastique décalé séduit par son mélange d’humour, de nostalgie et de sorcellerie.
L’histoire débute à Salem, dans le Massachusetts, où les sœurs Sanderson – Winifred (Bette Midler), Mary (Kathy Najimy) et Sarah (Sarah Jessica Parker) – tentent de rajeunir en capturant un enfant. Leur plan est contrecarré par Thackery Binx, qui se voit transformé en chat noir après son intervention. Avant d’être pendues pour sorcellerie, les sœurs lancent une malédiction sur la ville, promettant de revenir sur leurs pas.
Trois siècles plus tard, Max (Omri Katz), un adolescent sarcastique, réveille involontairement les sœurs Sanderson en profanant leur demeure. Sa passion pour Allison (Vinessa Shaw) et sa petite sœur Dani (Thora Birch) se retrouvent alors mêlés à cette aventure surnaturelle. Heureusement, Binx, toujours sous forme féline et capable de parler, les guide vers un lieu sûr.
Ce qui suit est une succession de péripéties rocambolesques : les sœurs Sanderson s’adaptent avec une facilité déconcertante à la modernité, Billy Butcherson (Doug Jones), un cadavre ressuscité, perd constamment la tête, et une interprétation mémorable de la chanson « I Put a Spell on You » plonge les adultes de Salem dans un état de torpeur. Le film regorge de moments absurdes, typiques de l’humour des années 1990, qui prennent un nouveau sens lorsqu’on le regarde avec un regard adulte.
Si les effets spéciaux peuvent paraître datés aujourd’hui, notamment ceux concernant le chat parlant et les pouvoirs des sorcières, l’ensemble reste divertissant. Hocus Pocus assume pleinement son côté kitsch et léger, allant jusqu’à l’excès dans certaines scènes, comme lorsque des brutes sont enfermées dans des cages suspendues et mises à tourner pour le plaisir.
La dynamique entre les trois sœurs Sanderson est particulièrement réussie. Winifred, la plus charismatique, sert de pilier, équilibrant l’humour maladroit de Mary et la sensualité débridée de Sarah. Ensemble, elles sillonnent Salem, comme si elles en faisaient partie intégrante de son histoire.
Au-delà de son aspect fantastique, Hocus Pocus est également une histoire de famille, et plus particulièrement de la relation entre Max et Dani. Max, au départ un adolescent rebelle, met involontairement sa sœur en danger, mais se mobilise ensuite pour la protéger à tout prix. L’évolution de leur lien, soutenue par Allison et Binx, est touchante, sans pour autant être excessivement complexe.
Dani, interprétée par Thora Birch, est un personnage particulièrement attachant. Cette petite fille de huit ans, pleine d’assurance et de répartie, n’hésite pas à taquiner son frère devant sa crush. Son attachement à Binx, dont le parcours fait écho à celui de Max, est également poignant. La voir gambader et mordiller les gens est un délice, mais la voir se blottir contre Dani endormie révèle sa vulnérabilité cachée.
Hocus Pocus est un film loufoque, incohérent et imparfait. Mais il est aussi réconfortant, comme un repère familier dans une petite ville endormie. Un film qui, malgré ses défauts, continue de séduire et de faire sourire, année après année.
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