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Chef chinois qui a travaillé 73 heures par semaine mais a dû « rembourser » la majeure partie de son salaire de 155 000 € – The Irish Times

Publié le 26 octobre 2023. Un travailleur chinois a reçu plus de 154 000 € après avoir dénoncé des pratiques abusives dans un restaurant de plats à emporter dans le comté de Cavan, où il était contraint de…

Chef chinois qui a travaillé 73 heures par semaine mais a dû « rembourser » la majeure partie de son salaire de 155 000 € – The Irish Times

Publié le 26 octobre 2023. Un travailleur chinois a reçu plus de 154 000 € après avoir dénoncé des pratiques abusives dans un restaurant de plats à emporter dans le comté de Cavan, où il était contraint de « rembourser » la quasi-totalité de son salaire pour des frais liés à son permis de travail.

  • Xiaofeng Gao a reçu une indemnisation de 154 828 € pour violations de la législation du travail, incluant le non-paiement de salaire, la discrimination et le non-respect du salaire minimum.
  • L’homme travaillait jusqu’à 73 heures par semaine et devait rembourser des frais de recrutement illégaux dépassant 30 000 €.
  • Le Migrant Rights Centre Ireland (MRCI) plaide pour une meilleure protection des travailleurs sous permis et une réduction de la période pendant laquelle ils sont liés à un employeur.

Un ressortissant chinois a obtenu gain de cause devant la Commission des relations du travail (WRC) après avoir dénoncé des conditions de travail abusives dans un restaurant de plats à emporter situé à Ballyjamesduff, dans le comté de Cavan. Xiaofeng Gao, employé par Ming Gao, exploitant de Lam’s Asian Cuisine et Eskimo Pizza, a reçu une indemnisation totale de 154 828 € pour diverses infractions à la législation irlandaise du travail.

Selon les informations présentées à la WRC en avril dernier, M. Gao travaillait entre six et sept jours par semaine, effectuant jusqu’à 73 heures de travail hebdomadaire. Cependant, après déduction des sommes qu’il était contraint de « rembourser », il ne lui restait souvent que 60 € par semaine. Ces déductions étaient liées à une dette de plus de 30 000 € contractée pour couvrir les frais de recrutement et l’obtention de son permis de travail en Irlande.

Il est important de noter que de tels frais sont interdits par la réglementation en vigueur concernant les permis de travail. L’agent d’arbitrage de la WRC, Shay Henry, a jugé que les violations étaient suffisamment graves pour justifier une indemnisation substantielle. Celle-ci s’élève à 43 582,48 € pour sous-paiement des salaires, 60 000 € pour discrimination et 21 922,52 € pour non-respect de la législation nationale sur le salaire minimum.

L’indemnisation comprend également des sommes pour des pauses insuffisantes, l’absence de congés payés et le non-paiement des primes pour les dimanches et jours fériés. M. Gao, représenté par le Migrant Rights Centre Ireland (MRCI), est arrivé en Irlande en 2022 après avoir répondu à une offre d’emploi de Ming Gao. Les mères des deux hommes se connaissaient, et M. Gao a déclaré qu’il avait accepté le poste à condition de payer environ 30 600 € de frais de recrutement.

Initialement employé directement par Ming Gao, puis par Eskimo Gao Ming Ltd, dont l’épouse, Xiuquin Wu, représentait l’entreprise lors de l’audience de la WRC, M. Gao a affirmé que ses conditions de travail n’avaient pas été clairement définies dans sa langue maternelle, son niveau d’anglais étant limité. Mme Wu a témoigné que M. Gao était bien traité, respectait les horaires convenus et bénéficiait de pauses régulières. Elle a également indiqué que la famille de son mari l’avait aidé à régler des dettes contractées en Chine.

M. Gao a cependant fourni des preuves de paiements effectués à la mère de Ming Gao en Chine, totalisant environ 10 000 €, qu’il a liés aux 30 000 € de frais de recrutement initiaux. Il a également décrit un sentiment d’intimidation pendant son emploi et a affirmé que Ming Gao détenait son passeport, ce qui l’a incité à quitter son poste en août dernier. Il a également évoqué des représailles suite à une intervention de la Garda Síochána Internationale.

Dans sa décision, M. Henry a jugé les éléments de preuve présentés par le plaignant « convaincants » et a qualifié l’aspect discrimination de l’affaire de « très grave ». Sylwia Nowakowska, coordinatrice des droits du travail au MRCI, a réagi à cette décision en soulignant la nécessité d’une meilleure protection des travailleurs sous permis de travail.

« Les travailleurs doivent être informés de manière plus claire et proactive, dans leur propre langue, de leurs droits du travail et du système de permis. »

Sylwia Nowakowska, coordinatrice des droits du travail au MRCI

Le MRCI demande également une réduction de la période pendant laquelle les travailleurs sous permis sont liés à un employeur, passant de cinq à deux ans, afin de leur permettre de se défendre plus facilement et de quitter un emploi potentiellement abusif. L’organisation plaide également pour des sanctions plus sévères à l’encontre des employeurs qui exploitent leurs travailleurs, incluant des poursuites pénales et l’interdiction de demander de futurs permis.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.