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La crise climatique est-elle trop grave pour travailler sur scène ? Le vin mousseux et les méchants pourraient aider | théâtre américain

Publié le 20 octobre 2025 15:06:00. Longtemps considéré comme trop sombre ou complexe pour la scène, le changement climatique s’invite de plus en plus dans les productions théâtrales et télévisuelles, témoignant d’un intérêt croissant du public pour ce…

La crise climatique est-elle trop grave pour travailler sur scène ? Le vin mousseux et les méchants pourraient aider | théâtre américain

Publié le 20 octobre 2025 15:06:00. Longtemps considéré comme trop sombre ou complexe pour la scène, le changement climatique s’invite de plus en plus dans les productions théâtrales et télévisuelles, témoignant d’un intérêt croissant du public pour ce sujet crucial.

  • La pièce Weather Girl, qui aborde le dérèglement climatique en Californie à travers le regard d’une météorologue, a rencontré un succès critique à New York et pourrait être adaptée en série Netflix.
  • La pièce Kyoto, qui retrace les négociations internationales sur le climat, a été saluée au Royaume-Uni et sera bientôt présentée à New York.
  • Netflix a diffusé la mini-série Des familles comme la nôtre, qui explore les conséquences de l’élévation du niveau de la mer au Danemark.

Pendant longtemps, le sujet du changement climatique a été perçu comme un tabou dans le monde du divertissement. Trop angoissant, trop complexe, ou tout simplement trop ennuyeux, il était rarement abordé sur scène ou à l’écran. Les rares tentatives se soldaient souvent par des œuvres didactiques et moralisatrices, ou des productions à gros budget manquant de subtilité. Mais cette tendance semble en train de changer, comme en témoigne une récente vague de créations artistiques explorant les multiples facettes de cette crise planétaire.

Weather Girl, une pièce solo interprétée par Julia McDermott, a particulièrement marqué les esprits. Elle suit Stacey, une météorologue californienne confrontée à un dilemme : continuer à minimiser les risques climatiques pour satisfaire ses employeurs, ou alerter le public sur la gravité de la situation. La pièce a été acclamée par la critique à New York et pourrait bientôt être adaptée en série par Netflix. Netflix envisage en effet une adaptation télévisée.

Autre production prometteuse, Kyoto, écrite par Joe Robertson et Joe Murphy, plonge le spectateur au cœur des négociations qui ont abouti au Protocole de Kyoto en 1997, le premier traité international visant à freiner le réchauffement climatique. La pièce, qui a déjà rencontré un succès critique au Royaume-Uni, sera présentée à New York à partir du 3 novembre. Les critiques britanniques ont salué son approche originale et son personnage central, Donald Pearlman, un climato-sceptique républicain dont les motivations sont complexes.

Parallèlement, le monde de la télévision semble enfin prendre conscience de l’urgence climatique. Alors que les chaînes d’information américaines continuent souvent d’ignorer le sujet, se contentant de rendre compte des catastrophes naturelles sans en établir le lien avec le changement climatique, Netflix a récemment diffusé la mini-série danoise Des familles comme la nôtre, qui explore les conséquences de l’élévation du niveau de la mer sur une famille contrainte de quitter le Danemark. Cette série a suscité de vives réactions et a contribué à sensibiliser le public à cette problématique.

Selon Joe Robertson, co-auteur de Kyoto, il est essentiel de trouver un ton juste pour aborder le changement climatique.

« C’est un moment où quelque chose se produit et change dans la façon dont nous racontons les histoires sur le climat. »

Joe Robertson, co-auteur de Kyoto

Il reconnaît qu’il est tentant de s’attarder sur des scénarios apocalyptiques, mais estime que ce type de narration ne parvient pas toujours à toucher le public.

« Nous voulions quelque chose qui s’appuierait sur les complications du débat sur le climat et, espérons-le, ce faisant, permettrait au public de proposer son propre point de vue. »

Joe Robertson, co-auteur de Kyoto

L’actualité récente a également contribué à donner un sentiment d’urgence à ces œuvres. Les incendies de forêt dévastateurs qui ont ravagé la Californie et la Floride, ainsi que les prises de position de certains météorologues qui ont osé dénoncer le manque de préparation des autorités, ont renforcé l’impression que les scénarios décrits dans Weather Girl étaient en train de se réaliser. Les incendies qui ont ravagé Los Angeles et les dénonciations d’un météorologue de Floride ont particulièrement marqué l’équipe de la pièce.

Tyne Rafaeli, la metteuse en scène de Weather Girl, souligne l’importance de trouver un moyen de connecter émotionnellement le public à cette problématique.

« On attend de Stacey qu’elle soit jolie, qu’elle mette du rouge à lèvres, que les gens se sentent bien et qu’ils passent à autre chose. Il y a une telle tension entre ce que savent ces météorologues et ce qu’ils peuvent présenter. »

Tyne Rafaeli, metteuse en scène de Weather Girl

Ces nouvelles productions, en abordant le changement climatique avec humour, intelligence et finesse psychologique, ouvrent une voie prometteuse pour sensibiliser le public à cette crise planétaire. Elles témoignent d’une prise de conscience croissante de la nécessité de raconter des histoires qui nous confrontent à la réalité, sans pour autant nous plonger dans le désespoir.

Kyoto ouvrira ses portes au Lincoln Center à New York le 3 novembre.

Weather Girl vient de terminer sa tournée à l’entrepôt de St Anne à New York.

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À propos de l’auteur: Antoine Girard

Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.