Home MondeAlors que le biopic sur la boxe de Sydney Sweeney, Christy, est saccagé par les critiques, la critique de BRIAN VINER révèle si elle est victime d’une réaction violente de gauche ou si sa performance est vraiment dans les cordes.

Alors que le biopic sur la boxe de Sydney Sweeney, Christy, est saccagé par les critiques, la critique de BRIAN VINER révèle si elle est victime d’une réaction violente de gauche ou si sa performance est vraiment dans les cordes.

by Clara Dubois

Publié le 20 octobre 2025 à 22h03. Le nouveau film « Christy », porté par Sydney Sweeney, retrace l’ascension et les épreuves de la boxeuse américaine Christy Martin, mais divise la critique, notamment en raison de la personnalité controversée de l’actrice.

  • Sydney Sweeney incarne Christy Martin, première femme signée par le promoteur Don King.
  • Le film aborde des thèmes difficiles comme l’homophobie, la misogynie et la violence conjugale.
  • La réception du film est mitigée, certains critiques pointant du doigt la performance de Sweeney, d’autres la qualité du scénario.

L’histoire de Christy Martin, surnommée « la fille du mineur de charbon », est celle d’une pionnière de la boxe féminine. Elle a connu le succès dans les années 1990, devenant la première boxeuse à signer avec le célèbre promoteur Don King (interprété avec brio par Chad L. Coleman de la série « The Wire » dans le film). En 1996, elle a même eu l’opportunité de se produire en sous-carte lors du combat de championnat du monde des poids lourds opposant Mike Tyson à Frank Bruno à Las Vegas.

Son combat contre l’Irlandaise Deirdre Gogarty, lors de cette même soirée, est souvent considéré comme un moment clé dans la légitimation de la boxe féminine. Après six rounds acharnés, Christy Martin a remporté la victoire aux points, devenant par la suite la première boxeuse à faire la couverture du magazine Sports Illustrated.

Cependant, « Christy » est un biopic qui peine à se démarquer, éclipsé par la notoriété de son interprète principale. Ce phénomène rappelle d’autres films biographiques comme « Monster » (2003), avec Charlize Theron dans le rôle de la tueuse en série Aileen Wuornos, ou « Joy » (2015), consacré à l’inventrice du Miracle Mop, incarnée par Jennifer Lawrence.

Sydney Sweeney, révélée au grand public grâce à la série « Euphoria », où elle interprète Cassie, a acquis une notoriété qui dépasse le simple cadre du cinéma. Républicaine assumée, elle est devenue une figure de proue pour une certaine Amérique, notamment après avoir été saluée par Donald Trump pour une publicité controversée pour la marque American Eagle, où l’on suggérait qu’elle avait de « bons gènes ». Cette publicité avait suscité des accusations de racisme.

Cette aura politique a sans doute contribué à la polémique qui a accueilli « Christy », dont la première européenne a eu lieu vendredi soir au Royal Festival Hall, dans le cadre du Festival du film de Londres. Après une première mondiale à Toronto le mois dernier, le film a été vivement critiqué par certains critiques nord-américains, qui ont mis en avant des considérations politiques plutôt qu’artistiques dans leur jugement.

Il est regrettable que ces polémiques viennent entacher l’appréciation d’une performance engagée, pour laquelle Sydney Sweeney aurait pris 13,6 kilogrammes (30 livres). Elle est excellente. Le réalisateur australien David Michod n’a malheureusement pas réussi à créer un film particulièrement abouti.

Le film débute en 1989, lorsque Christy Salters choque ses parents conservateurs de Virginie-Occidentale, non pas en se passionnant pour la boxe, mais en aimant les femmes. Sa mère, Joyce (interprétée avec une froideur glaçante par Merritt Weaver), souhaite la soumettre à un « traitement » spirituel pour la « ramener dans le droit chemin ».

L’histoire est autant celle d’une lutte contre l’homophobie et la misogynie que celle d’une ascension sportive. Lorsque Christy trouve un entraîneur, Jim Martin (Ben Foster), il lui conseille : « Personne ne veut voir une fille à l’allure masculine se battre… pourquoi n’as-tu pas de petit ami ? » Christy, bien que consciente de son orientation sexuelle, est tellement désireuse de se conformer qu’elle finit par épouser son entraîneur, malgré un écart d’âge de 25 ans.

Le véritable Jim Martin est décédé l’année dernière et n’a donc pas pu contester la représentation qui en est faite dans le film, où il est dépeint comme un homme dont la bedaine et la calvitie sont les traits les plus attrayants. Il n’a aucune qualité rédemptrice, ce qui n’est pas surprenant lorsqu’il se révèle être un manipulateur contrôlant, s’appropriant l’argent de Christy et dictant tous les aspects de sa vie.

Le film présente ensuite une succession de combats si intenses qu’ils en deviennent peu crédibles. La violence domestique, en revanche, est d’une crédibilité terrifiante et dépeinte avec une force saisissante. Furieux par le rapprochement de Christy avec une ancienne petite amie, son mari la poignarde puis lui tire dessus, la laissant pour morte. Cette scène, véritablement choquante, a provoqué un murmure d’horreur dans le public du Festival Hall.

Sydney Sweeney interprète cette scène avec une intensité remarquable. Sa politique ne devrait pas influencer l’appréciation de sa performance. C’est une actrice talentueuse qui donne le meilleur d’elle-même dans un film qui manque de profondeur.

« Christy » sortira en salles le 28 novembre.

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