La restitution des corps d’otages israéliens par le Hamas se poursuit, mais le rythme suscite l’impatience d’Israël. Le vice-président américain, Joe Biden, a appelé à la patience alors que des défis logistiques et sécuritaires compliquent le processus, au milieu d’une trêve fragile et de préoccupations persistantes concernant la situation humanitaire à Gaza.
Selon l’armée israélienne, le Hamas a remis les restes de deux otages supplémentaires à la Croix-Rouge à Gaza, portant à 13 le nombre total de dépouilles rapatriées en Israël depuis le début de la trêve, le 10 octobre. Treize autres corps d’otages doivent encore être récupérés et transférés.
Joe Biden, lors d’une visite en Israël mardi, a souligné la complexité de la situation : « Certains de ces otages sont enterrés sous des milliers de kilos de décombres. Pour certains otages, personne ne sait même où ils se trouvent », a-t-il déclaré, appelant à « un peu de patience » face à la frustration israélienne.
En contrepartie de la restitution des corps, Israël a libéré 15 dépouilles de Palestiniens, selon le ministère de la Santé de Gaza, qui a indiqué avoir reçu 165 corps depuis le début du mois. Ce processus d’échange, bien que sensible, est considéré comme un élément clé du maintien de la trêve.
Malgré des flambées de violence récentes, le vice-président Biden s’est dit optimiste quant à la tenue de l’accord de cessez-le-feu, le qualifiant de « meilleur que prévu » après deux ans de conflit entre Israël et le Hamas. Steve Witkoff, un ancien envoyé de l’administration Trump au Moyen-Orient, a renchéri, affirmant que les progrès réalisés dépassaient les attentes.
La question de la gouvernance de Gaza après la guerre reste toutefois ouverte. Joe Biden a insisté sur la nécessité de se concentrer d’abord sur la sécurité et la reconstruction, en fournissant nourriture et médicaments à la population. Il a également précisé que les 200 soldats américains récemment déployés en Israël ne participeront pas aux opérations à Gaza, mais que des discussions sont en cours pour définir la composition d’une éventuelle force de sécurité internationale, avec la Turquie et l’Indonésie citées comme participants potentiels.
La visite de Joe Biden intervient après le limogeage, mardi, du conseiller à la sécurité nationale d’Israël, Tzachi Hanegbi. Les médias israéliens suggèrent que cette décision est liée à des désaccords concernant la reprise de l’offensive à Gaza et une tentative d’assassinat ratée de dirigeants du Hamas au Qatar en septembre. Hanegbi a lui-même évoqué des « moments de désaccord » avec le Premier ministre Netanyahu.
Par ailleurs, la situation humanitaire à Gaza reste préoccupante. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a envoyé plus de 530 camions d’aide au cours des dix derniers jours, mais ce volume reste inférieur aux 500 à 600 entrées quotidiennes d’avant la guerre. Le PAM a rétabli 26 points de distribution et espère atteindre son réseau initial de 145 points dès que possible.
Des habitants de Gaza ont signalé une flambée des prix des produits essentiels après des affrontements récents et des frappes israéliennes en réponse. Le Hamas a déployé ses forces de sécurité pour lutter contre les prix abusifs et a autorisé la circulation sécurisée des camions d’aide, mettant fin au pillage des livraisons. Cependant, le système financier de Gaza est en crise, les banques et les distributeurs automatiques étant largement inutilisables, obligeant les habitants à recourir à des courtiers en espèces et à payer des commissions exorbitantes.
Enfin, un haut responsable de la santé à Gaza a accusé Israël de torture sur certains corps de Palestiniens restitués, évoquant des « preuves de torture » telles que des traces de liens, des blessures et des brûlures. Israël a nié ces accusations, affirmant respecter les procédures légales et fournir des soins médicaux appropriés aux prisonniers.