Publié le 26 octobre 2023. Le gouvernement vietnamien fait face à des critiques internationales, notamment du Japon, concernant son projet d’interdire la circulation des motos à essence dans le centre de Hanoï à partir de 2026, une mesure destinée à lutter contre la pollution atmosphérique.
- Le Japon s’inquiète de l’impact économique et social de cette interdiction sur les industries liées à la moto.
- Les constructeurs japonais Honda, Yamaha et Suzuki ont exprimé leurs préoccupations quant à d’éventuelles interruptions de production et faillites.
- Le marché vietnamien de la moto représente une valeur de 4,6 milliards de dollars américains (environ 4,2 milliards d’euros).
Le gouvernement vietnamien a officialisé en juillet dernier une directive visant à interdire la circulation des motos à essence dans le centre de Hanoï à compter de 2026. Cette décision, initiée par le Premier ministre Pham Minh Chinh, vise à améliorer la qualité de l’air dans la capitale, confrontée à des niveaux élevés de pollution. Cependant, cette mesure suscite des inquiétudes tant au niveau national qu’international.
L’ambassade du Japon au Vietnam a adressé une lettre aux autorités locales, exprimant ses réserves quant à la brutalité de cette transition. Elle met en garde contre les risques pour l’emploi dans les secteurs connexes, tels que les concessionnaires et les fournisseurs de pièces détachées. L’ambassade a également plaidé pour une période d’adaptation adéquate, favorisant l’électrification progressive du parc automobile et une application graduelle des restrictions.
Les principaux constructeurs de motos japonais, Honda, Yamaha et Suzuki, ont également fait part de leurs préoccupations à l’exécutif vietnamien. Ils craignent des perturbations de la production et des faillites potentielles au sein de leur chaîne d’approvisionnement. Honda, qui détient une part de marché de 80 % au Vietnam et exploite quatre usines dans le pays, a commercialisé 2,6 millions de motos l’année dernière. L’entreprise analyse actuellement l’avenir de sa production locale face à cette incertitude réglementaire.
Le marché vietnamien de la moto est un secteur économique majeur, évalué à 4,6 milliards de dollars américains (environ 4,2 milliards d’euros), avec un taux d’utilisation avoisinant les 80 % dans une population de plus de 100 millions d’habitants. Les ventes de motos à essence ont d’ailleurs reculé de 18 % en septembre dernier, selon l’association des constructeurs automobiles vietnamiens (TOI), bien que cette baisse ne soit pas directement imputable à la mesure concernant les motos.
Parallèlement, l’entreprise locale VinFast a annoncé la commercialisation d’environ 70 000 motos et vélos électriques au deuxième trimestre 2025, soit une augmentation de 55 % par rapport au trimestre précédent. Honda propose actuellement deux modèles électriques sur le marché vietnamien, mais la quasi-totalité de son offre reste basée sur des moteurs à essence. Les ventes de Honda ont déjà enregistré une baisse significative suite à l’annonce de l’interdiction.
Pour l’instant, le gouvernement vietnamien n’a pas officiellement répondu aux sollicitations du Japon ni aux plaintes des entreprises. Il réaffirme toutefois que cette restriction est essentielle pour améliorer la qualité de l’air à Hanoï. La ville de Hô Chi Minh envisage également de mettre en place des mesures similaires dans les années à venir. Le Premier ministre Pham Minh Chinh a appelé à une coopération internationale pour réduire les émissions et a assuré que des solutions consensuelles seraient recherchées dans le cadre d’une feuille de route commune. Le secteur industriel et diplomatique suit de près l’évolution de la situation, sans modification confirmée du calendrier initial.
(Avec des informations de Reuters)