Washington – L’administration Trump envisage de supprimer plus de 2 000 postes au sein du ministère de l’Intérieur, une initiative qui a été temporairement bloquée par un tribunal, mais qui révèle les priorités de l’administration en matière de réduction des dépenses publiques. Ces suppressions potentielles visent des services essentiels à la conservation de l’environnement et à la gestion des terres fédérales.
Selon un document judiciaire déposé lundi, les plans de l’administration ciblent des postes dans la recherche scientifique, la conservation de la faune, la gestion des parcs nationaux, la politique de l’eau, la planification budgétaire et les communications. Le Bureau of Land Management (BLM), le Fish and Wildlife Service (FWS), le National Park Service (NPS) et l’US Geological Survey (USGS) seraient les plus touchés.
La juge Susan Illston, du tribunal de district des États-Unis, a émis une ordonnance d’interdiction temporaire la semaine dernière, suspendant les projets de licenciement et demandant au Bureau de la gestion et du budget (OMB) de rendre compte des postes qu’il souhaite supprimer. Rachel Barra, responsable du capital humain au ministère de l’Intérieur, a confirmé que cette ordonnance a mis fin aux réductions d’effectifs en cours.
Les syndicats représentant les employés fédéraux se sont fermement opposés à ces plans. « La décision de l’administration de licencier des milliers d’employés fédéraux qui se retrouvent déjà sans salaire pendant la fermeture du gouvernement est non seulement cruelle mais illégale », a déclaré Everett Kelley, président de l’American Federation of Government Employees (AFGE), dans un communiqué.
Le document judiciaire révèle que 89 « zones de concurrence » au sein du ministère de l’Intérieur ont été identifiées, affectant potentiellement 14 212 employés. Parmi ceux-ci, 4 833 sont représentés par cinq syndicats.
Le Bureau of Land Management (BLM) serait particulièrement affecté, avec 474 postes proposés pour suppression, dont 76 en Californie, 33 au Colorado, 48 en Idaho, 41 en Arizona, 95 en Oregon et 93 en Utah. Le Centre national des opérations du BLM à Denver pourrait perdre 87 de ses 177 employés.
Le Fish and Wildlife Service (FWS) envisage de supprimer 35 postes au sein de son programme sur les oiseaux migrateurs, un domaine critiqué par le président Trump par le passé. Le National Park Service (NPS) pourrait quant à lui perdre au moins 272 postes, dont 57 dans le nord-ouest du Pacifique et 122 dans la région Intermountain. Plus de 9 000 des 14 500 employés des parcs sont actuellement en congé sans solde en raison de la fermeture du gouvernement. Selon la National Parks Conservation Association, au moins 24 % des effectifs du NPS ont déjà été supprimés depuis l’arrivée de Donald Trump au pouvoir en janvier.
L’US Geological Survey (USGS), qui a déjà connu des licenciements massifs, pourrait également subir des réductions drastiques de ses services de recherche scientifique. Le Fort Collins Science Center dans le Colorado pourrait perdre plus de la moitié de ses employés (39 sur 69). Des réductions similaires sont envisagées dans d’autres centres de recherche à travers le pays.