Home AffairesGBP/USD : l’inflation britannique remet sur la table la réduction des taux de décembre

GBP/USD : l’inflation britannique remet sur la table la réduction des taux de décembre

by Amélie Bernard

La livre sterling subit des pressions à la baisse après la publication d’un chiffre d’inflation britannique plus faible que prévu, tandis que le dollar américain voit ses gains ralentir malgré un contexte de stabilisation de la confiance. Les marchés anticipent désormais une possible baisse des taux d’intérêt de la Banque d’Angleterre dès le mois de décembre.

L’inflation au Royaume-Uni, publiée ce matin, s’est maintenue à 3,8 % (contre un consensus de 4,0 %). L’indice des prix à la consommation des biens essentiels a ralenti, passant de 4,6 % à 3,5 %, et l’inflation des services est restée stable à 4,75 %, en deçà des attentes et des dernières prévisions de la Banque d’Angleterre. Une surprise notable vient des prix alimentaires, qui ont diminué au cours du mois et se situent désormais 0,5 point de pourcentage en dessous des prévisions d’août de la Banque d’Angleterre.

Selon nos estimations, l’inflation globale a atteint son pic à 3,8 % et devrait reculer à 3,5 % pour les trois prochains mois, avant de continuer à baisser à partir de janvier. Bien qu’une baisse des taux d’intérêt en novembre ne semble pas encore d’actualité, les chances d’une baisse en décembre augmentent considérablement. Le budget d’automne jouera un rôle crucial à cet égard, une politique budgétaire rigoureuse pouvant déclencher une réduction des taux d’intérêt en décembre.

Les marchés anticipent un assouplissement de 10 points de base en décembre, ce qui laisse une marge de manœuvre pour une réévaluation à la baisse de la livre sterling dans les semaines à venir. Notre prévision actuelle reste toutefois prudente, avec une anticipation d’une baisse des taux en février, et nous maintenons un objectif de 0,88 pour la livre sterling d’ici la fin de l’année.

Le dollar américain a continué de se renforcer cette semaine, porté par l’apaisement des inquiétudes concernant le marché du crédit américain et la forte baisse du prix de l’or. Cependant, prolonger ces gains pourrait s’avérer difficile sans que les marchés ne remettent en question les trois hausses de taux d’intérêt attendues d’ici mars. Un chiffre de l’emploi élevé vendredi pourrait justifier une nouvelle hausse, mais ce n’est pas notre scénario de base.

Les tensions entre les États-Unis et la Chine pourraient également fragiliser le dollar. Donald Trump a déclaré hier que sa rencontre avec le président chinois Xi Jinping la semaine prochaine pourrait ne pas avoir lieu. Bien que cela soit actuellement perçu comme une tactique de négociation, la Chine a adopté un ton plus ferme, et les marchés pourraient sous-estimer les risques. L’absence de réunion pourrait entraîner de nouvelles hausses de tarifs douaniers, ce qui pèserait sur le sentiment général et sur le dollar.

L’euro teste actuellement le seuil de support de 1,160, mais la capacité du dollar à rebondir semble limitée sans de nouvelles données économiques.

Par ailleurs, la réunion prévue entre Donald Trump et Vladimir Poutine à Budapest a été annulée, alors que les pays européens travaillent sur un plan de paix en 12 points pour l’Ukraine. Ces développements soulignent la nécessité d’une grande prudence quant aux espoirs d’une trêve en Ukraine. Nous pensons qu’une réaction significative du marché nécessitera des progrès concrets, et non de simples spéculations.

La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, prendra la parole aujourd’hui lors d’un événement, mais elle ne pourra pas aborder les questions de politique monétaire. Il est donc peu probable qu’elle s’écarte de la communication neutre habituelle.

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