La controverse entourant l’abattage massif de visons au Danemark en 2020 refait surface, avec de nouvelles demandes d’enquête de la part de l’opposition parlementaire. Les partis d’opposition réclament notamment la récupération de messages gouvernementaux effacés, susceptibles de révéler des informations cruciales sur les décisions prises à l’époque.
Lors d’une séance parlementaire mercredi, plusieurs représentants de l’opposition ont insisté pour qu’une nouvelle enquête soit lancée sur les communications gouvernementales supprimées de fin 2020. Leur requête porte spécifiquement sur la possibilité de récupérer des SMS envoyés depuis des appareils officiels concernant le scandale des visons.
La Première ministre Mette Frederiksen a fermement rejeté cette demande, affirmant que l’affaire a déjà fait l’objet d’investigations approfondies. « Tout a été examiné et réexaminé. Il y a eu une enquête, et d’autres procédures », a-t-elle déclaré aux parlementaires. Elle a également exprimé son scepticisme quant à l’impact de nouvelles révélations, estimant que le Parlement continuerait à débattre de la question, « peu importe ce que je dis ou ce que le président de la Cour suprême affirme sur l’existence ou non d’une directive [dans les messages] ».
En 2020, alors qu’elle occupait le poste de Première ministre, Mette Frederiksen a envoyé certains des messages qui ont ensuite été effacés. Ces communications concernaient l’ordre gouvernemental, jugé illégal par la suite, d’abattre les visons des élevages d’animaux à fourrure et de fermer les fermes, en raison des craintes liées à une potentielle mutation du Covid-19.
Mercredi, la Première ministre a lu une déclaration du ministère de la Justice, indiquant que toutes les méthodes de récupération des messages avaient été épuisées, y compris une technique qui, selon le journal BT, n’avait pas encore été testée. Ces informations provenaient du Centre national pour la cybersécurité.
Suite à ces révélations, les partis d’opposition ont demandé à Mette Frederiksen et au ministre de la Justice, Peter Hummelgaard, de répondre à leurs questions lors de la session parlementaire de mercredi. La Première ministre a réaffirmé la validité des décisions prises, tout en soulignant que le ministère de la Justice avait répondu aux préoccupations soulevées.
Fin 2020, le gouvernement minoritaire social-démocrate dirigé par Mette Frederiksen avait ordonné l’abattage de l’ensemble des visons élevés dans les fermes d’animaux à fourrure du pays, ainsi que la fermeture temporaire de ces exploitations. Cette décision avait été motivée par la crainte qu’une variante du Covid-19 détectée chez les animaux puisse être transmissible à l’homme et aggraver la pandémie.
Cette affaire s’était rapidement transformée en une crise majeure pour Mette Frederiksen, l’ordre d’abattage et de fermeture des élevages ayant été déclaré illégal. Des indemnisations considérables ont finalement été versées aux propriétaires agricoles. La saga a également mis en lumière des pratiques ministérielles contestables en matière de conservation des messages texte envoyés depuis des appareils officiels. Il avait été constaté que les téléphones de hauts fonctionnaires, dont celui de la Première ministre, étaient configurés pour supprimer automatiquement les messages, entraînant la perte de communications potentiellement cruciales pour comprendre les événements.