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La séparation physique entre les cyclistes, les piétons et les automobilistes est essentielle à des rues plus sûres, selon une étude

by Camille Renault

Publié le 23 octobre 2024 à 03:23:00. Une nouvelle étude révèle que des aménagements physiques, tels que des bordures ou des séparateurs, sont les plus efficaces pour encourager les piétons et les cyclistes à utiliser les rues, améliorant ainsi leur sécurité et leur attrait.

  • Les barrières physiques favorisent un sentiment de sécurité pour les usagers vulnérables de la route.
  • Les professionnels de l’urbanisme et les décideurs politiques ne semblent pas accorder la même importance à ces aménagements que les usagers eux-mêmes.
  • Les personnes malvoyantes et les parents avec de jeunes enfants sont particulièrement sensibles à la présence de séparations physiques.

Une recherche menée par le Centre of Transport and Society de l’Université de l’Ouest de l’Angleterre a mis en évidence l’importance cruciale des infrastructures séparées pour les cyclistes et les piétons. L’étude s’est appuyée sur des entretiens approfondis avec des experts de la planification routière, des responsables politiques, ainsi que sur des groupes de discussion rassemblant différents usagers de la route, avec une attention particulière portée aux besoins des personnes handicapées et des familles.

Les résultats, publiés dans la revue Transportation Research, démontrent un large consensus en faveur de la séparation physique des cyclistes des véhicules motorisés, et des cyclistes des piétons. Ce soutien se maintient quel que soit le point de vue des personnes interrogées sur la finalité et la conception des infrastructures routières. Ainsi, ceux qui privilégient l’efficacité du transport actif, tout comme ceux qui souhaitent transformer les rues en lieux de vie agréables, s’accordent sur la nécessité de ces aménagements.

Selon les chercheurs,

« En marchant et en roulant, certaines personnes se sentent intimidées dans les rues où l’espace doit être partagé avec des cyclistes ou des véhicules à moteur. »

Chercheurs du Centre of Transport and Society

Plus de la moitié des participants à l’étude ont affirmé qu’une séparation physique les inciterait à emprunter une rue ou un itinéraire donné.

L’étude souligne également les difficultés rencontrées par les personnes malvoyantes, qui se sentent souvent intimidées lorsqu’elles doivent partager l’espace avec des voitures et des vélos, et nécessitent parfois une assistance pour se déplacer en toute sécurité. D’autres mesures largement soutenues incluent la limitation de la vitesse, des revêtements de chaussée plus lisses et des itinéraires piétonniers et cyclables directs.

L’étude a été menée à Bristol et dans ses environs, une ville qui a récemment été classée parmi les huit villes européennes les plus favorables au vélo avec des enfants, grâce à l’introduction de limitations de vitesse à 32 km/h. Cependant, Bristol a également été critiquée pour le manque de visibilité et de séparation de ses pistes cyclables. En mai dernier, le conseil municipal a annoncé son intention de peindre certaines pistes cyclables en rouge pour améliorer leur signalisation.

Ces conclusions corroborent des études antérieures menées aux États-Unis, qui ont démontré que les pistes cyclables « protégées » ou « tamponnées » sont significativement plus efficaces pour encourager l’utilisation du vélo que les aménagements moins sécurisés.

En 2021, le ministère des Transports britannique a d’ailleurs précisé qu’il ne financerait plus que les infrastructures cyclables séparées, refusant de soutenir les projets se limitant à la simple peinture de pistes cyclables.

L’étude révèle un décalage entre les perceptions des usagers et celles des professionnels de l’urbanisme et des décideurs politiques, qui ont tendance à se concentrer sur des aspects plus techniques et réglementaires. Les chercheurs soulignent que ces professionnels ne prennent pas toujours en compte l’impact global de leurs décisions sur l’expérience des usagers de la route.

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