Les tensions géopolitiques, notamment l’escalade des sanctions contre la Russie, ont marqué les marchés ce mercredi, entraînant une hausse des prix du pétrole et des rendements obligataires mondiaux. Cette situation a également influencé les taux de change, avec un dollar en progression et des réactions contrastées selon les devises.
L’administration américaine a annoncé de nouvelles sanctions ciblant Rosneft et Loukoïl, deux géants pétroliers russes, qui représentent à eux seuls environ la moitié des exportations pétrolières du pays. Cette décision pourrait perturber les acheteurs chinois et indiens, qui craignent désormais d’être eux-mêmes sanctionnés s’ils continuent d’importer du pétrole russe après une période de grâce de quelques semaines. L’Union européenne a également dévoilé une nouvelle série de sanctions contre des entreprises russes.
En parallèle, Washington a autorisé l’Ukraine à utiliser des missiles à longue portée pour frapper en territoire russe, sans toutefois s’engager à fournir des missiles Tomahawk. Ces développements ont propulsé le prix du pétrole, qui a atteint 62,50 dollars le baril, se rapprochant de sa moyenne mobile sur 100 jours, après un plus bas en décembre à près de 56 dollars le baril.
Sur le marché des changes, cette hausse des prix du pétrole semble favoriser le dollar américain, qui enchaîne son quatrième jour de progression, atteignant un plus haut de 99,15, et soutient la couronne norvégienne. À l’inverse, le yen japonais affiche une performance plus faible. La plupart des devises des marchés émergents sont également en baisse, malgré une décision de la Banque populaire de Chine de fixer le taux de référence du dollar à son plus bas niveau depuis octobre 2024.
La remontée des prix du pétrole a également exercé une pression sur le marché obligataire mondial. Les rendements de référence à 10 ans ont augmenté de 1 à 2 points de base en Europe et de près de quatre points de base aux États-Unis, atteignant 3,99 %. Si ce niveau se maintient, il s’agirait de la plus forte hausse des rendements américains ce mois-ci.
Les marchés boursiers ont affiché des performances mitigées. Les actions japonaises, sud-coréennes et taïwanaises ont été pénalisées par les craintes liées à d’éventuelles restrictions logicielles américaines à l’encontre de la Chine. Cependant, la Bourse européenne (Stoxx 600) a progressé, effaçant les pertes de la veille. Les contrats à terme sur les indices américains sont restés stables, évoluant dans une fourchette étroite (entre 4 066 et 4 137 points) après plusieurs jours de volatilité.
D’autres indicateurs économiques sont attendus. Aux États-Unis, les ventes de maisons existantes pour septembre (une hausse de 1,5 % est anticipée) et l’enquête manufacturière d’octobre de la Fed de Kansas City seront publiés. Au Japon, l’indice des prix à la consommation (IPC) de septembre devrait afficher une augmentation de 2,7 % à 2,9 %, tandis que l’IPC hors aliments frais et énergie pourrait passer de 3,3 % à 3,1 %. Au Royaume-Uni, les ventes au détail de septembre et le PMI préliminaire d’octobre seront scrutés. Enfin, l’Australie publiera également son PMI préliminaire d’octobre.
L’élection de mi-mandat qui se tiendra dimanche en Argentine pourrait également influencer les marchés, notamment le peso argentin, sensible aux résultats du scrutin.