Longueuil – La sentence de cinq ans de prison prononcée à l’encontre d’un promoteur immobilier recherché pour avoir commandité une agression contre un avocat en 2020 a suscité la déception de la victime, aujourd’hui juge, et de la Couronne. L’accusé, toujours en fuite, continue de défier le système judiciaire.
- La peine de cinq ans est jugée trop clémente par la Couronne, qui avait réclamé une peine de 10 à 12 ans d’emprisonnement.
- Le juge Nicholas Daudelin et sa conjointe ont manifesté leur mécontentement immédiatement après le prononcé de la sentence.
- Jean-François Malo, l’accusé, est en cavale depuis le 14 octobre, invoquant des craintes pour sa sécurité.
La sentence prononcée jeudi au palais de justice de Longueuil a laissé un goût amer. Jean-François Malo, 47 ans, reconnu coupable de voies de faits graves contre un avocat civiliste en mars 2020, était absent lors de l’audience. Il est en fuite depuis le 14 octobre, affirmant craindre pour sa vie et se disant « vraiment très, très peur ». Les autorités ignorent où il se trouve.
L’annonce de la sentence a provoqué une réaction visible chez le juge Nicholas Daudelin, victime de l’agression, et sa conjointe, qui se sont levés brusquement quelques secondes après que l’honorable Denys Noël ait rendu son verdict.
La procureure de la Couronne, Me Tian Meng, a exprimé sa déception :
« Je ne peux pas vous cacher que le ministère public est déçu du résultat. On avait quand même demandé une peine entre 10 et 12 ans considérant la gravité de la situation. C’est quand même bien différent de ce qu’on espérait avoir »
Le juge Noël a toutefois justifié sa décision en expliquant qu’il n’était pas approprié d’imposer la même peine que celle prononcée à l’encontre des deux hommes de main de Malo, qui ont été condamnés à 9 et 10 ans de détention pour avoir tiré sur la résidence du juge Daudelin à Mont-Saint-Hilaire. Il a néanmoins souligné que le rôle de Malo en tant qu’instigateur de l’attaque, son implication dans le recrutement des agresseurs et son risque de récidive avaient été pris en compte.
La victime vit encore avec des fragments de balle dans une jambe, témoignant de la gravité des conséquences de l’agression.
Un mandat d’arrestation a été émis contre Malo, qui est également recherché en lien avec un autre dossier pour non-respect de ses conditions de libération.