Après un début d’année tumultueux, les banques régionales américaines montrent des signes de stabilisation, voire de rebond, grâce à des résultats trimestriels supérieurs aux attentes. Si les inquiétudes persistent concernant l’immobilier commercial et les taux d’intérêt, plusieurs établissements financiers ont rassuré les investisseurs et pourraient amorcer un nouveau cycle.
Les derniers mois ont été marqués par des craintes grandissantes dans le secteur bancaire. Des allégations de fraude, notamment impliquant le prêteur automobile à risque Tricolor et le fournisseur de pièces détachées First Brands, ont ébranlé la confiance des investisseurs. Plusieurs grandes banques étaient exposées à ces entreprises, mais l’impact s’est avéré plus sensible pour des acteurs régionaux comme Fifth Third Bancorp et Zion Bancorp, cette dernière ayant dû provisionner 50 millions de dollars (environ 46 millions d’euros) en raison de prêts frauduleux. Ces faillites successives ont ravivé les craintes d’un effet de contagion.
Parallèlement, d’autres facteurs pesaient sur le moral des investisseurs. Le « mur de la maturité » des prêts immobiliers commerciaux (CRE) – avec près de 1 000 milliards de dollars (environ 920 milliards d’euros) arrivant à échéance d’ici la fin de l’année – et la difficulté de refinancer ces prêts en raison des taux d’intérêt élevés constituaient une source d’inquiétude majeure. Les prêts CRE représentent environ 44 % du portefeuille des banques régionales. L’incertitude quant à l’évolution des taux d’intérêt, et les potentielles réductions des exigences réglementaires, notamment en matière de fonds propres et de tests de résistance, ajoutaient à la pression.
Cependant, les résultats du troisième trimestre 2025 ont apporté un souffle d’optimisme. Trois banques régionales en particulier se distinguent par leur performance :
US Bancorp, avec une capitalisation boursière approchant les 75 milliards de dollars (environ 69 milliards d’euros), a enregistré un chiffre d’affaires record au troisième trimestre, dépassant les prévisions des analystes. Son revenu net d’intérêts (NII) a augmenté de plus de 2 % sur un an, et ses revenus hors intérêts ont progressé de près de 10 % grâce à l’expansion de ses activités de gestion de patrimoine.
PNC Financial Services Group a également publié des résultats supérieurs aux attentes, avec une augmentation de 7 % de son NII, atteignant 3,6 milliards de dollars (environ 3,3 milliards d’euros). Les pertes sur créances ont également diminué de manière significative, passant de 243 millions de dollars (environ 225 millions d’euros) à 167 millions de dollars (environ 154 millions d’euros). Malgré ces bons résultats, le titre reste confronté à un certain scepticisme de la part des investisseurs.
Capital One Financial a affiché une performance particulièrement solide en 2025, avec une progression de 23 % de ses revenus par rapport au trimestre précédent. Son NII s’élève à environ 12,4 milliards de dollars (environ 11,4 milliards d’euros), et ses marges d’intérêt sont en hausse, atteignant 8,3 %. La banque a su se protéger des difficultés rencontrées par d’autres acteurs du secteur grâce à une diversification de ses activités et à une gestion prudente des risques.
À ce stade, il est prématuré d’affirmer que le secteur bancaire régional est sorti d’affaire. Néanmoins, ces résultats encourageants suggèrent que les pires craintes pourraient être derrière nous et qu’un rebond est possible.