Édition française
En continu
---Advertisement---

Monde

Trump a-t-il permis le cessez-le-feu entre Israël et Gaza ?

L'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, bien que récemment conclu, reste fragile. Les interrogations se multiplient quant aux véritables artisans de cette trêve, et aux raisons pour lesquelles il a fallu attendre si longtemps pour parvenir…

Trump a-t-il permis le cessez-le-feu entre Israël et Gaza ?

L’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, bien que récemment conclu, reste fragile. Les interrogations se multiplient quant aux véritables artisans de cette trêve, et aux raisons pour lesquelles il a fallu attendre si longtemps pour parvenir à un accord.

La question des responsabilités divise : la pression exercée par l’ancien président américain Donald Trump sur le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a-t-elle été déterminante ? Ou est-ce le soutien initial de Trump à Netanyahu, puis son revirement en faveur d’une reprise des négociations, qui a contraint le Hamas à faire des concessions ? Une autre hypothèse suggère que le Hamas était disposé à un accord de cette nature depuis un certain temps, et qu’Israël a été le principal obstacle.

Par ailleurs, l’intensification des attaques contre le Hamas au Qatar, en Égypte et en Turquie ces derniers jours aurait-elle incité le groupe à revoir sa position ? Le rôle du président Joe Biden est également remis en question : a-t-il suffisamment insisté auprès de Netanyahu ? Ou le résultat actuel est-il similaire au cessez-le-feu conclu en janvier, avant la reprise des hostilités israéliennes en mars, soutenue par Trump, qui aurait ainsi anéanti un accord précédent sans justification valable ?

Ces interprétations, souvent teintées de considérations partisanes, nationales et idéologiques, coexistent et se contredisent. Pourtant, certains points de convergence émergent, révélant des divergences significatives.

Pendant deux ans, les négociations intermittentes ont échoué en raison de désaccords fondamentaux entre Israël et le Hamas. Les questions clés portaient sur le calendrier et les modalités du retrait des troupes israéliennes, la fin définitive des combats, la libération des otages en échange de prisonniers palestiniens, et l’avenir de la bande de Gaza – notamment la désarmement et la remise du pouvoir par le Hamas.

Les détracteurs de Netanyahu affirment qu’il a à plusieurs reprises rejeté ou saboté les efforts de paix. Selon eux, le Hamas était prêt depuis longtemps à libérer les otages restants en échange d’une fin de la guerre, mais Israël a systématiquement refusé, privilégiant de nouvelles offensives et infligeant de lourdes souffrances aux civils gazaouis. Cette attitude serait due, au moins en partie, aux pressions exercées par les partenaires de coalition d’extrême droite de Netanyahu, qui menaçaient sa position, ainsi qu’aux risques juridiques auxquels il était confronté.

À l’inverse, les partisans de Netanyahu soutiennent que la guerre était nécessaire pour empêcher la répétition des événements du 7 octobre et garantir la sécurité d’Israël. Ils estiment qu’il était crucial d’éliminer le Hamas du pouvoir et de le désarmer, sans quoi aucune paix durable ne serait possible. Selon eux, le Hamas a toujours refusé d’accepter ces conditions, et seul un affaiblissement militaire et un isolement politique pourraient le contraindre à faire des compromis.

Au cœur de ces débats, un consensus se dégage : la prolongation du conflit est principalement due à l’espoir de Netanyahu d’obtenir davantage de concessions du Hamas grâce à la force militaire. Pour parvenir à un cessez-le-feu, il était donc nécessaire que Netanyahu, le Hamas, ou les deux, modifient leur approche.

Et avant l’accord, les deux parties ont effectivement évolué. Le Hamas a accepté de libérer tous les otages encore vivants sans exiger un calendrier précis pour le retrait complet des troupes israéliennes, une concession majeure. Les otages ont été libérés, mais seulement après un retrait partiel des forces israéliennes, qui contrôlent encore environ 53 % de Gaza. L’accord prévoit des phases ultérieures de retrait.

Netanyahu, de son côté, a accepté le cessez-le-feu malgré l’absence de défaite totale du Hamas et son scepticisme quant à la possibilité d’un désarmement et d’une remise du pouvoir par le groupe, comme prévu par l’accord. Les réserves du Hamas et les récentes exécutions publiques de collaborateurs présumés à Gaza alimentent les doutes quant à son engagement.

Plusieurs sources indiquent qu’un tournant décisif dans les négociations a été l’attaque israélienne infructueuse contre des négociateurs du Hamas au Qatar le mois dernier. Cette opération aurait ébranléé la dynamique du conflit.

Avant cet incident, Netanyahu avait mené une série d’opérations audacieuses, notamment l’assassinat d’un dirigeant du Hamas en Iran et des frappes contre le Hezbollah et l’Iran. L’attaque du Qatar a marqué la fin de cette série de succès.

L’attaque du Qatar a également irrité Donald Trump, qui entretenait de bonnes relations avec les pays du Golfe et avait des intérêts financiers dans la région. Plutôt que d’affaiblir le Hamas, l’opération a incité Trump à intensifier ses efforts pour mettre fin à la guerre.

Trump a exercé une pression accrue sur Netanyahu, tant publiquement que par des appels directs. Une source a révélé à Axios que Trump avait déclaré à Netanyahu que son plan de paix était « à prendre ou à laisser », ajoutant que « le laisser signifierait que nous nous éloignerions de vous. »

Il est cependant incertain si Trump était réellement prêt à abandonner son soutien à Israël, ou si Netanyahu était réellement intimidé par ses menaces. Une autre interprétation est que, après deux ans de guerre épuisante, Netanyahu et Israël étaient prêts à négocier. Après les attaques, notamment celle du Qatar et la nouvelle offensive à Gaza, Netanyahu a pu assurer aux Israéliens, et en particulier à ses partenaires d’extrême droite, qu’il avait mené la guerre avec la plus grande fermeté possible. Il pourrait également affirmer que la guerre a été un succès en matière de sécurité, ayant éliminé de nombreux dirigeants du Hamas et affaibli le groupe, tout en infligeant des dommages considérables au Hezbollah et à l’Iran, malgré les conséquences sur la réputation internationale d’Israël.

Les défenseurs de Netanyahu affirment que le nouvel accord de cessez-le-feu est en réalité plus favorable qu’aucune proposition antérieure du Hamas, car il permet la libération des otages tout en préservant la possibilité pour Netanyahu de relancer les hostilités si le Hamas ne respecte pas ses engagements. Les États-Unis ont d’ailleurs menacé de désarmer le Hamas en cas de non-respect de l’accord.

La question demeure : cet accord est-il le résultat de la pression exercée par Trump, ou de la volonté de Netanyahu de négocier ? Il est crucial d’évaluer cela pour déterminer si une pression plus forte de la part du président Biden aurait pu mettre fin à la guerre plus tôt.

Le Hamas a également modifié sa stratégie. Pendant longtemps, le groupe a insisté sur la fin complète et définitive de la guerre avant de libérer les otages israéliens, estimant que ces derniers lui conféraient un levier important. En acceptant de libérer immédiatement tous les otages, le Hamas a renoncé à cet avantage.

Selon le Wall Street Journal, le Hamas a été contraint par le Qatar, l’Égypte et la Turquie d’accepter un accord qu’il ne souhaitait pas. Ces trois pays auraient menacé de ne plus accueillir la direction politique du groupe et de cesser de soutenir sa participation à la gouvernance de Gaza après la guerre.

Si ce rapport est exact, le Hamas a été isolé. Cependant, il a pu être mis sous pression car le groupe et ses alliés ont été gravement affaiblis par la guerre. Les assassinats de hauts responsables du Hamas, la destruction de ses forces, l’effondrement du régime syrien et les frappes israéliennes contre l’Iran ont envoyé un message clair : aucune aide extérieure ne viendrait, et la situation ne ferait qu’empirer.

Le Hamas a finalement accepté de libérer les otages et de signer un accord prévoyant son propre désarmement, malgré ses réticences. Le monde attend maintenant de voir si cet accord tiendra.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.