La remontée des prix du pétrole, conjuguée aux incertitudes géopolitiques, exerce une pression modérée sur les taux d’intérêt en zone euro, mais ne remet pas en cause la perspective d’une reprise économique lente et progressive. L’attention se porte désormais sur les réunions de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Réserve fédérale américaine (Fed), qui pourraient avoir des conséquences sur la gestion des réserves et la politique monétaire.
L’escalade des tensions entre les États-Unis et la Russie a entraîné une hausse de 8 % des prix du pétrole ces derniers jours, ce qui a légèrement influencé les anticipations d’inflation. Les swaps d’inflation à 5 ans et 5 ans ont ainsi progressé de 2,05 % à 2,08 %, stoppant une récente tendance à la baisse. Cependant, cette hausse n’a pas suffi à faire remonter le swap à 10 ans au-dessus de 2,6 %, un seuil qu’il n’a pas franchi depuis mi-octobre.
L’impact sur le court terme reste limité, le taux à 2 ans n’ayant augmenté que de 1 point de base malgré le rallye pétrolier. Pour un marché qui attend déjà des mesures significatives de la BCE, la hausse des prix de l’énergie ne change pas fondamentalement la donne, l’inflation restant sous-estimée à court terme.
Les indices PMI (Purchasing Managers’ Index) devraient confirmer cette tendance à une reprise faible mais continue, ancrant les taux d’intérêt en euros. Toutefois, la barre pour surprendre positivement les marchés s’est élevée. Les données économiques de mai et juin avaient été meilleures que prévu, mais le marché exige désormais une amélioration plus marquée pour réagir à la hausse.
Par ailleurs, l’incertitude entourant les perspectives économiques américaines et les tensions commerciales représentent un risque supplémentaire pour la fragile reprise de la zone euro.
La Fed sous surveillance
La réunion de la Fed, prévue les 28 et 29 octobre, sera particulièrement scrutée en ce qui concerne la gestion des réserves bancaires. Ces réserves s’élèvent actuellement à près de 3 000 milliards de dollars (environ 10 % du PIB américain) et sont considérées comme confortables. La Fed souhaite toutefois éviter de prendre des risques inutiles et s’assurer que les réserves excédentaires restent suffisantes pour soutenir le système financier.
Selon les experts, un niveau de réserves inférieur à 9 % du PIB pourrait entraîner des tensions sur les marchés, comme ce fut le cas par le passé lors de difficultés de liquidité. La Fed pourrait donc envisager de ralentir, voire d’arrêter, le processus de réduction de son bilan.
Actuellement, la Fed réduit son bilan d’environ 20 milliards de dollars par mois. Pour maintenir un niveau de confort, elle devrait limiter ces réductions à environ 300 milliards de dollars supplémentaires sur un an. Une solution pourrait être de mettre fin aux rachats de bons du Trésor, tout en maintenant le rythme de réduction des titres adossés à des créances hypothécaires (MBS), qu’elle préférerait ne pas détenir dans son bilan.
Agenda économique du vendredi
Les indices PMI flash de la zone euro, publiés ce vendredi, fourniront à la BCE une indication de l’état de la reprise économique avant sa réunion de la semaine prochaine. Les prévisions tablent sur un chiffre inchangé de 49,8, avec un total légèrement inférieur à 51,2, confirmant une reprise modérée.
Aux États-Unis, l’attention se portera sur l’indice des prix à la consommation (IPC) de septembre, publié malgré la fermeture administrative. Ce chiffre est essentiel pour calculer l’ajustement au coût de la vie pour la Social Security Administration en 2026. Les analystes s’attendent à une hausse d’environ 0,4 % sur un mois et d’environ 0,3 % sur un an. Les tarifs douaniers pourraient également commencer à se faire sentir, mais la priorité de la Fed reste le refroidissement du marché de l’emploi, ce qui ne devrait pas empêcher une baisse des taux de 25 points de base plus tard ce mois-ci.
Enfin, les évaluations de la Belgique et de la France par les agences de notation seront également suivies de près. S&P examinera la note AA/Négative de la Belgique, tandis que Moody’s pourrait réévaluer sa position Aa3/Stable sur la France, après les récentes dégradations par Fitch et S&P.
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