Home DivertissementBook excerpt: “The Running Ground” by Nicholas Thompson

Book excerpt: “The Running Ground” by Nicholas Thompson

by Antoine Girard

Le journaliste et PDG de The Atlantic, Nicholas Thompson, explore dans son nouveau livre, « Le Terrain de Course » (à paraître le 28 octobre 2025 aux éditions Random House), sa passion pour la course à pied, un sport d’une simplicité déconcertante, et la manière dont cette pratique a transformé sa perception de lui-même.

La course à pied se résume à une action élémentaire : pied droit, pied gauche, pied droit. Pas de ballon, pas de tapis, pas d’adversaire qui vous fonce dessus. Pourtant, cette simplicité ouvre la voie à une complexité intérieure. En courant, l’attention se détourne du monde extérieur pour se concentrer sur soi. Il ne reste que l’individu, le rythme répétitif des pas et le flux de ses pensées.

« La course à pied vous dépouille de tout, » explique Thompson. « Plus vous portez de vêtements, moins vous allez vite. Plus vos chaussures sont légères, plus vous allez vite. Et à mesure que vous accélérez, votre esprit se vide également. À un certain point, vous ne ressentez plus que la sensation de chaque pied frappant le sol. L’esprit et la matière ne font qu’un. »

La course offre un contrôle rare. Pas besoin de salle de sport ni de terrain de jeu, juste la possibilité de sortir par la porte d’entrée. Le succès est entièrement personnel, mais l’échec l’est tout autant. Et aucun sport ne révèle plus clairement le déclin inéluctable du corps avec l’âge. Les preuves sont immédiatement visibles sur sa montre connectée.

Thompson utilise parfois la course comme une forme de méditation. Il enfile ses chaussures, active le suivi par satellite de sa montre, puis tente de se déconnecter du tumulte de ses pensées. Il finit par être seul avec lui-même. Parfois, il se concentre sur un mantra rythmique – « un-deux-trois, un-deux-trois » – pour synchroniser ses pas et maintenir une alternance symétrique des pieds. D’autres fois, il se concentre sur sa respiration ou sur les sons environnants, qu’il s’agisse du chant des geais dans les Catskills ou du grondement des camions sur Broadway.

Mais lorsque Thompson s’entraîne sérieusement, tout change. Il ne cherche plus à ouvrir son esprit, mais à le fermer. Il ignore les distractions extérieures et se concentre intensément. S’il court avec un partenaire, il fixe son regard sur l’épaule de ce dernier s’il le suit, ou sur sa respiration s’il le dépasse. Le plus souvent, cependant, il court seul, se lançant des défis imaginaires avec les autres coureurs qu’il croise : « Puis-je rattraper cette femme en sweatshirt violet avant le deuxième chêne ? Puis-je rester à vingt mètres du cycliste qui écoute John Coltrane ? »

Il surveille sa montre, s’efforce de maintenir son rythme et identifie les zones de douleur dans son corps, qu’il tente ensuite de neutraliser. Il se rappelle qu’il a déjà couru à cette vitesse et refuse de laisser le doute s’installer. « Chaque action que nous entreprenons contribue à forger nos habitudes, » souligne-t-il. « Abandonner une fois rendra l’abandon plus facile la deuxième fois. »

Thompson ne porte pas de musique pendant ses entraînements. Chaque effort est à la fois un défi physique – renforcer les muscles des jambes et le cœur – et mental. Il s’agit d’apprendre à son corps à se déplacer rapidement et avec coordination, de comprendre la relation entre sa foulée, son rythme et sa respiration. La musique pourrait perturber ces signaux.

Lors d’un marathon, son objectif initial est de dépenser le moins d’énergie possible à penser à des choses superflues. Il se concentre sur sa posture, sa forme et son équilibre, évitant de penser aux encouragements du public, aux échecs ou aux succès passés, et jetant le moins de coups d’œil possible à sa montre. Penser et tourner la tête demandent de l’énergie.

Au fil des ans, la course à pied a transformé son imagination et sa perception de lui-même. Il repère désormais les endroits propices à la course lorsqu’il voyage en train et aime explorer une nouvelle ville en courant. Il a vu plus de monde en courant qu’en marchant. Il a même des rêves récurrents de montagnes qu’il a escaladées en courant. Mais, la majeure partie de sa journée étant passée à un bureau, absorbé par sa liste de tâches, la course à pied reste son unique lien avec la nature et un soi plus jeune, aventureux, qui ne voulait que vivre en plein air.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.