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À 1h30 de Paris, cette sublime maison médiévale intrigue les passants depuis 1491 – Paris ZigZag

Une demeure sculptée comme une dentelle de bois, ornée de personnages insolites et d'un facétieux exhibitionniste, attire les curieux à Angers. Après une récente restauration de trois ans, la Maison d'Adam, joyau du XVe siècle, dévoile ses secrets…

À 1h30 de Paris, cette sublime maison médiévale intrigue les passants depuis 1491 – Paris ZigZag

Une demeure sculptée comme une dentelle de bois, ornée de personnages insolites et d’un facétieux exhibitionniste, attire les curieux à Angers. Après une récente restauration de trois ans, la Maison d’Adam, joyau du XVe siècle, dévoile ses secrets et perpétue une tradition artisanale séculaire.

Érigée en 1491 pour l’apothicaire Jean Lefèvre, la Maison d’Adam se distingue par son audace architecturale. Avec ses six étages, elle dépasse de deux niveaux les constructions habituelles de l’époque, s’élevant sur une parcelle étroite de huit mètres sur dix. Cette prouesse technique en fait l’un des plus spectaculaires exemples de maisons à pans de bois encore visibles à Angers, alors que la ville en comptait près de 300 avant 1860.

Située place Sainte-Croix, l’édifice impressionne par ses deux façades à colombages losangés, soutenues par des poteaux massifs sculptés d’une seule pièce. Les encorbellements moulurés témoignent du savoir-faire exceptionnel des charpentiers angevins.

Le nom de la maison provient des sculptures d’Adam et Ève qui encadraient autrefois l’Arbre de Vie, gravé sur le poteau d’angle. Cette iconographie biblique symbolisait un couple marié prospère, l’Arbre aux fruits mûrs incarnant la fécondité de leur union. Malheureusement, les révolutionnaires ont détruit ces figures, ne laissant subsister que le pommier.

Mais c’est le bestiaire fantastique qui orne la façade qui captive l’attention. Une quarantaine de personnages peuplent les intersections des poutres, offrant un répertoire iconographique riche et varié. On y découvre des scènes religieuses illustrant la lutte entre le bien et le mal – Saint-Georges terrassant le dragon, Samson et le lion, le Phénix renaissant de ses cendres, le pélican nourrissant ses petits – ainsi que des scènes de la vie quotidienne : des amoureux, des musiciens, des chevaliers.

La véritable star de cette façade bavarde est sans conteste le « Père Tricouillard », un personnage espiègle représenté le pantalon baissé, exhibant son postérieur. Ce geste, qui pourrait choquer aujourd’hui, avait autrefois une signification bien précise : chasser les mauvais esprits. Dans de nombreuses enluminures médiévales, les médecins sont d’ailleurs représentés examinant les fesses de leurs patients pour soigner les affections. La sculpture pourrait donc être une « enseigne parlante » discrète, signalant la profession d’apothicaire du propriétaire.

La Maison d’Adam a connu plusieurs propriétaires au fil des siècles, dont Jacques Richard, marchand prospère et futur maire d’Angers, qui l’a acquise en 1544, puis Jean Jolivet, marchand de laine, en 1686, et enfin Michel Adamson, marchand de soie, dont le nom est resté attaché à la bâtisse.

En 1834, le chroniqueur Jacques-André Berthe saluait l’intérêt architectural de la maison, tout en déplorant les dégradations subies lors de la Révolution et les remaniements ultérieurs. Elle fut officiellement classée monument historique en 1922, ouvrant la voie à des premières restaurations en 1951.

Après avoir accueilli la Maison des artisans d’Angers en 1990, la demeure a bénéficié d’une restauration complète entre 2022 et 2025, pour un coût de 3 millions d’euros. Libérée de ses anciens supports en aluminium en janvier 2025, elle révèle aujourd’hui un rez-de-chaussée animé par le travail de plus de 80 artisans – verriers, sculpteurs, céramistes, créateurs de bijoux – perpétuant ainsi la tradition commerciale qui anime ces lieux depuis cinq siècles. Les caves voûtées en ardoise témoignent de près de 1 000 ans d’histoire et des différentes époques qui ont façonné le patrimoine angevin.

La Maison d’Adam se situe au 1, place Sainte-Croix, Angers (49000), juste derrière la cathédrale Saint-Maurice.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.