Le président américain Donald Trump entame une tournée en Asie dans le but de renforcer les liens économiques avec plusieurs pays et, par conséquent, de faire pression sur la Chine. Au cœur des négociations : l’accès à des minéraux essentiels dont Pékin contrôle une part importante de la production.
Cette tournée, débutée ce vendredi, inclut des escales en Malaisie, où le président participera au sommet de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), ainsi qu’au Japon et en Corée du Sud. C’est en Corée du Sud, lors du sommet du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC) jeudi prochain, que se tiendra une rencontre cruciale entre Donald Trump et le président chinois Xi Jinping.
Cette réunion intervient à un moment délicat, à deux jours de l’échéance fixée par Washington pour l’imposition de droits de douane supplémentaires de 100 % sur les produits chinois. À moins d’une avancée significative dans la résolution de leurs différends commerciaux et des restrictions à l’exportation, cette menace de tarifs douaniers supplémentaires pourrait exacerber les tensions.
Un enjeu majeur de ces discussions porte sur l’approvisionnement en terres rares et autres minéraux critiques, indispensables à des secteurs stratégiques tels que la défense et l’énergie. Pékin a récemment imposé des limitations à l’exportation de ces matières premières, exploitant ainsi son contrôle sur la chaîne d’approvisionnement comme levier dans la guerre commerciale.
Lundi dernier, les États-Unis ont déjà conclu un accord avec l’Australie, ouvrant l’accès à des ressources en terres rares et minéraux critiques estimées à 8,5 milliards de dollars (environ 7,8 milliards d’euros). Cette initiative vise à diversifier les sources d’approvisionnement américaines et à réduire sa dépendance vis-à-vis de la Chine, qui traite près de 90 % de la chaîne d’approvisionnement mondiale de ces minéraux.
Le 9 octobre dernier, la Chine a annoncé un renforcement des contrôles sur les exportations de terres rares et d’aimants, des composants essentiels pour de nombreuses industries américaines, en réponse aux restrictions américaines sur l’accès des entreprises chinoises aux puces de pointe. Le lendemain, Donald Trump a menacé d’imposer des droits de douane supplémentaires, portant les taux à 157 % sur les importations en provenance de Chine, ce qui risquerait d’aggraver davantage le conflit commercial.