Publié le 26 octobre 2025 19:11:00. La bague connectée Ring Air d’Ultrahuman ne peut plus être importée aux États-Unis suite à une décision de la Commission du commerce international (ITC), mais l’entreprise contre-attaque sur le plan juridique et explore une production locale pour contourner l’interdiction.
- Ultrahuman a fait appel de la décision de l’ITC et demande une suspension temporaire de l’interdiction.
- L’entreprise travaille sur une nouvelle version de la Ring Air pour éviter les litiges liés aux brevets.
- Ultrahuman étudie la possibilité de fabriquer la bague aux États-Unis, dans son usine du Texas, pour échapper à l’ordonnance d’exclusion.
Ultrahuman se retrouve confrontée à un obstacle majeur sur le marché américain. La Commission du commerce international (ITC) a confirmé une ordonnance d’exclusion interdisant l’importation de sa bague intelligente Ring Air, une décision motivée par des litiges de brevets avec Oura Health Oy et Ouraring Inc. L’entreprise ne compte pas pour autant se laisser faire et a immédiatement réagi en multipliant les recours.
Le 22 octobre 2025, Ultrahuman a officiellement déposé son appel auprès de la Cour d’appel du circuit fédéral des États-Unis, contestant la décision de l’ITC. Simultanément, l’entreprise a sollicité une suspension d’urgence de l’ordonnance d’exclusion en attendant l’examen de l’appel. La cour a donné à l’ITC un délai de 20 jours, à compter du 23 octobre, pour répondre à cette demande. Si Oura Health obtient le statut d’intervenant dans cette procédure, elle aura également la possibilité de présenter ses arguments. Ultrahuman disposera ensuite de trois jours pour répondre.
Parallèlement à ces démarches judiciaires, Ultrahuman travaille activement à une refonte de la Ring Air. L’objectif est de concevoir une version du produit qui ne contrevienne pas aux brevets en question, sans pour autant que l’entreprise ne divulgue de détails techniques ou de calendrier précis. Ultrahuman insiste sur le fait qu’elle ne précipitera pas ce processus et qu’elle s’assurera de la solidité juridique de la nouvelle version avant de la lancer.
L’entreprise explore également la possibilité de relocaliser sa production aux États-Unis, dans son usine de Plano, au Texas. Cette usine était déjà en cours d’agrandissement pour répondre à la demande américaine avant l’annonce de l’ordonnance d’exclusion. Si la Ring Air était entièrement fabriquée aux États-Unis, elle échapperait à l’interdiction d’importation de l’ITC. Cependant, cette solution n’est pas sans risque. Oura Health a également déposé une plainte distincte pour violation de brevet au Texas, ciblant Ultrahuman et son partenaire de fabrication américain. Cette action juridique porte sur des revendications plus larges que celles examinées par l’ITC, ce qui signifie qu’Ultrahuman pourrait continuer à faire face à des contestations, même en cas de production locale.
Ultrahuman mise également sur la contestation du brevet américain n° 11 868 178, qui est actuellement en cours d’examen post-délivrance auprès de l’USPTO (Office américain des brevets et des marques). D’autres entreprises, comme Samsung, contestent également la validité de ce brevet. Si cet examen aboutissait à l’annulation du brevet, la situation juridique d’Ultrahuman s’améliorerait considérablement. La contestation du brevet pourrait affaiblir les fondements de l’interdiction d’importation et des poursuites futures, bien que le brevet reste pour l’instant en vigueur.
Pour rassurer ses clients américains, Ultrahuman a indiqué que les appareils déjà vendus continueront de fonctionner normalement, avec le maintien des mises à jour logicielles, du support applicatif et des garanties. Les détaillants sont autorisés à vendre les stocks existants avant l’entrée en vigueur de l’ordonnance d’exclusion. Mais une fois ces stocks épuisés, la Ring Air ne sera plus disponible à l’achat, à moins qu’Ultrahuman ne parvienne à se remettre sur le marché avec une version conforme ou ne gagne son appel. Certains concurrents, comme RingConn, ont opté pour une voie différente, en concluant des accords de licence avec Oura Health . Ultrahuman a choisi de contester le fondement juridique de l’affaire plutôt que de négocier un accord de licence, une stratégie dont le succès dépendra des résultats de l’appel et de l’examen du brevet.
Abonnez-vous à notre bulletin mensuel! Consultez notre Chaîne YouTube.