Publié le 26 octobre 2025 21:51:00. Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva et son homologue américain Donald Trump ont tenu une rencontre constructive à Kuala Lumpur, en Malaisie, en marge du sommet de l’ASEAN, abordant des questions commerciales sensibles et la crise vénézuélienne.
- Lula a proposé de servir de médiateur dans le différend entre les États-Unis et le Venezuela.
- Les deux présidents ont convenu de lancer des négociations pour lever les droits de douane imposés par Washington aux produits brésiliens.
- La question des sanctions américaines contre des juges de la Cour suprême brésilienne a également été soulevée.
Une atmosphère de détente s’est dégagée de la première rencontre officielle entre Lula et Trump, marquant une volonté de renouer le dialogue après des mois de tensions. Le président brésilien a qualifié les échanges d’« excellents, fructueux et constructifs », tandis que le président américain s’est dit confiant dans la possibilité de parvenir à des accords commerciaux avantageux.
Lula a offert ses bons offices pour tenter de résoudre la crise politique au Venezuela, proposant de jouer un rôle d’interlocuteur entre Washington et Caracas. Selon le ministre brésilien des Affaires étrangères, Mauro Vieira, Lula a souligné que l’Amérique latine est une région de paix et qu’il pourrait s’appuyer sur son expérience passée en matière de médiation vénézuélienne pour trouver des solutions mutuellement acceptables.
La réunion intervient dans un contexte de tensions croissantes dans les Caraïbes et dans certaines parties du Pacifique oriental, où les forces armées américaines ont mené des opérations contre des navires soupçonnés de trafic de drogue, suscitant l’irritation de plusieurs pays sud-américains, dont le Venezuela et la Colombie.
Sur le plan économique, Lula a insisté sur la nécessité de lever les droits de douane de 50 % imposés par les États-Unis sur certains produits brésiliens. Il a également abordé la question des sanctions imposées par Washington à des juges de la Cour suprême brésilienne en raison de leur rôle dans la condamnation de l’ancien président Jair Bolsonaro à 27 ans de prison pour tentative de sabotage de la transition démocratique après les élections de 2022.
« La procédure régulière a été respectée et il n’y a eu aucune persécution »
Luiz Inácio Lula da Silva, président du Brésil
Lula a défendu la décision de la Cour suprême, qualifiant les accusations de « chasse aux sorcières » d’infondées. Il a également révélé que des plans visant à l’assassiner, ainsi que le vice-président Geraldo Alckmin et un juge de la Cour suprême, avaient été déjoués pendant le processus judiciaire.
Lors de la cérémonie d’ouverture du sommet de l’ASEAN, Trump s’était déclaré optimiste quant à la perspective de parvenir à « quelques bons accords », notamment en ce qui concerne la révision des tarifs douaniers.
Les deux présidents ont exprimé leur souhait d’organiser des visites officielles dans leurs pays respectifs. Selon le ministre Vieira, Trump a manifesté son intérêt pour un voyage au Brésil, tandis que Lula a confirmé son intention de se rendre aux États-Unis à l’avenir.
Des négociations commerciales sont prévues dans les prochaines semaines, avec l’objectif de suspendre les droits de douane jugés « injustes » par le Brésil, qui affiche un déficit commercial avec les États-Unis.
Le rapprochement entre Brasilia et Washington, après une période de tensions, pourrait ouvrir une nouvelle étape dans les relations bilatérales, marquée par le dialogue et la coopération.
Agences ANSA et AFP