Les marchés boursiers américains ont franchi de nouveaux seuils historiques vendredi dernier, mais les perspectives d’avenir sont nuancées. Si un scénario de croissance reste privilégié, les analystes anticipent désormais une probabilité accrue de ralentissement économique, voire de correction boursière.
Selon les dernières estimations, la probabilité d’une fusion a été réévaluée à la hausse, passant de 25 % à 30 %. Cette révision se traduit par une diminution de la confiance dans le scénario de base, qui passe de 55 % à 50 %, tandis que le scénario pessimiste, prévoyant une baisse des marchés, demeure stable à 20 %.
Dans le scénario central, l’indice boursier devrait atteindre les 7 000 points d’ici la fin de l’année et grimper jusqu’à 7 700 points à la fin de l’année prochaine. Cependant, ces prévisions pourraient être revues à la baisse en cas de crise économique, ce qui nécessiterait une augmentation de la probabilité d’un résultat négatif, incluant une correction, un marché baissier ou un effondrement.
La publication d’un rapport économique plus favorable que prévu vendredi matin a renforcé l’anticipation de deux baisses de taux d’intérêt avant la fin de l’année. Les marchés financiers semblent désormais tabler sur une réduction de 50 points de base (0,50 %) du taux des fonds fédéraux (FFR), le ramenant à 3,50 %. Le taux est déjà passé de 3,60 % début octobre à 3,48 % vendredi, bien qu’il reste bloqué autour de 4,00 %.
Les experts mettent en garde contre une possible erreur de la part de la Réserve fédérale américaine, similaire à celle de l’année précédente. Une baisse de 100 points de base du FFR avait alors entraîné une hausse de 100 points de base du rendement des obligations à 10 ans, ainsi qu’une augmentation des taux hypothécaires.
À ce jour, l’indice S&P 500 affiche une progression de 15,5 % depuis le début de l’année, atteignant 6 791,69 points. Historiquement, cet indice a connu une augmentation moyenne de quatre points de pourcentage au cours des mois de novembre et décembre combinés. Si cette tendance se confirme, l’indice pourrait atteindre 7 063 points par rapport à sa clôture de vendredi.
Les actions les plus dynamiques continuent de tirer le marché haussier vers le haut, comme elles le font depuis la fin de l’année 2023. L’une des principales préoccupations concerne la valorisation élevée des entreprises cotées au S&P 500. Toutefois, les analystes estiment que ce facteur ne constitue pas un problème majeur, à moins que la résilience de l’économie soit remise en question et qu’un scénario de récession devienne plus probable.
La tendance haussière actuelle est soutenue par des bénéfices solides. Le bénéfice prévisionnel par action du S&P 500 a atteint un nouveau record de 298,52 $ la semaine dernière. À la clôture de vendredi, le ratio cours/bénéfice (P/E) à terme s’élevait à 22,8. Les prévisions de bénéfices convergent vers l’estimation consensuelle des analystes pour 2026, qui a légèrement augmenté pour atteindre 305,03 $ par action.
Les indices S&P 400 MidCaps et S&P 600 SmallCaps n’ont pas encore dépassé leurs records de la fin de l’année dernière, en raison de bénéfices prévisionnels stagnants depuis mi-2022. Leur récente reprise est restée modeste.
Le ratio Bull/Bear (BBR), qui mesure le sentiment des investisseurs, devrait dépasser 4,00 cette semaine. Les résultats seront publiés mercredi. Des valeurs supérieures à 3,00 peuvent être interprétées comme un signal de prudence, suggérant un excès d’optimisme et un risque de repli. L’expérience montre que le BBR est plus efficace comme signal d’achat lorsqu’il est inférieur à 1,00 que comme signal de vente lorsqu’il est supérieur à 3,00.
« Voler vers la lune est plus sûr que voler trop près du soleil », une allusion au mythe d’Icare, dont les ailes de cire ont fondu. Dans le scénario de base, le marché boursier suit la trajectoire tracée par Frank Sinatra.
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