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Des scientifiques ont construit une mémoire informatique fonctionnelle à partir de champignons shiitake : ScienceAlert

Publié le 28 octobre 2025 01:42:00. Des chercheurs ont réussi à créer des composants informatiques, appelés memristances, à partir de mycélium, la partie racinaire des champignons. Cette avancée pourrait ouvrir la voie à une électronique plus économique, plus…

Des scientifiques ont construit une mémoire informatique fonctionnelle à partir de champignons shiitake : ScienceAlert

Publié le 28 octobre 2025 01:42:00. Des chercheurs ont réussi à créer des composants informatiques, appelés memristances, à partir de mycélium, la partie racinaire des champignons. Cette avancée pourrait ouvrir la voie à une électronique plus économique, plus écologique et moins énergivore.

  • Des memristances, des éléments de circuit capables de mémoriser leur état électrique passé, ont été fabriquées à partir de champignons shiitake.
  • Ces memristances affichent des performances comparables à celles des puces à base de silicium traditionnelles.
  • Cette technologie pourrait permettre de développer des ordinateurs imitant le fonctionnement du cerveau humain, réduisant ainsi leur consommation d’énergie.

L’informatique pourrait bientôt avoir un allié inattendu : le règne fongique. Une équipe de scientifiques a démontré qu’il est possible de construire des memristances – des composants essentiels à la création de puces électroniques – en utilisant le mycélium, le réseau de filaments qui constitue la partie végétative des champignons. Cette découverte, publiée dans la revue PLOS One, ouvre des perspectives prometteuses pour une électronique plus durable et moins coûteuse.

Les memristances agissent comme des synapses artificielles, les jonctions entre les neurones qui permettent la transmission de l’information dans le cerveau. Leur développement est crucial pour la création d’ordinateurs capables d’imiter le fonctionnement complexe du cerveau humain. Traditionnellement, ces composants sont fabriqués à partir de matériaux comme le dioxyde de titane ou le silicium. L’originalité de cette recherche réside dans l’utilisation du mycélium, une ressource renouvelable et abondante.

Les chercheurs ont choisi le champignon shiitake (Lentinule edodes) pour sa robustesse et sa résistance aux contraintes environnementales, notamment aux radiations. Ils ont cultivé des échantillons de mycélium dans des boîtes de Pétri, puis les ont séchés pour assurer leur stabilité à long terme. Ces échantillons ont ensuite été connectés à un circuit électronique spécialement conçu pour tester leurs propriétés électriques.

Les résultats sont encourageants. Les memristances mycéliennes ont atteint une performance de 5 850 Hertz, avec une précision de 90 %, ce qui signifie qu’elles commutent les signaux environ 5 850 fois par seconde, soit un changement toutes les 170 microsecondes. C’est une vitesse comparable à celle des memristances commerciales les plus lentes, qui débutent à environ le double de cette valeur. Les chercheurs ont également observé que l’augmentation de la tension électrique pouvait affecter les performances, mais ont pu compenser cet effet en ajoutant davantage de champignons au circuit.

« Être capable de développer des micropuces qui imitent l’activité neuronale réelle signifie que vous n’avez pas besoin de beaucoup d’énergie en veille ou lorsque la machine n’est pas utilisée. C’est quelque chose qui peut constituer un énorme avantage informatique et économique potentiel. »

John LaRocco, psychiatre à l’Université d’État de l’Ohio

L’intérêt de cette approche ne se limite pas à la performance. Le mycélium est un matériau biodégradable et peu coûteux, ce qui pourrait réduire considérablement l’impact environnemental de l’industrie électronique. De plus, les réseaux mycéliens présentent des similitudes frappantes avec les réseaux de neurones, tant au niveau de leur structure que de leur mode de transmission de l’information, qui utilise des signaux électriques et chimiques. Des recherches antérieures ont même montré que certains champignons sont capables de reconnaître des formes, ce qui témoigne de leur potentiel cognitif. Plus d’informations sur cette étude sont disponibles ici.

Bien qu’il soit encore prématuré de parler d’ordinateurs entièrement mycéliens, cette recherche ouvre des perspectives passionnantes pour le développement de composants électroniques innovants, accessibles et respectueux de l’environnement. Les applications potentielles sont vastes, allant des appareils personnels à l’aérospatial.

« Tout ce dont vous avez besoin pour commencer à explorer les champignons et l’informatique pourrait être aussi petit qu’un tas de compost et quelques appareils électroniques faits maison, ou aussi grand qu’une usine de culture avec des modèles prédéfinis. Tous sont viables avec les ressources dont nous disposons actuellement. »

John LaRocco, psychiatre à l’Université d’État de l’Ohio

Comme le soulignent les chercheurs dans leur publication, l’avenir de l’informatique pourrait bien être fongique.

Les memristances mycéliennes connectées à un circuit. (LaRocco et coll., PLOS One 2025)

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.