Publié le 24 août 2025 18:52:00. Trinité-et-Tobago va procéder à l’expulsion de 200 migrants vénézuéliens, une décision justifiée par le gouvernement par une augmentation de la criminalité et une volonté de renforcer le contrôle de ses frontières. Cette mesure intervient dans un contexte de tensions régionales liées au déploiement militaire américain dans les Caraïbes.
- Le ministère de la Sécurité nationale de Trinité-et-Tobago a ordonné l’expulsion de 200 migrants vénézuéliens.
- La Première ministre Kamla Persad-Bissessar accuse l’administration précédente de ne pas avoir géré la question de l’immigration clandestine.
- Cette décision s’inscrit dans un contexte de désaccord avec le Venezuela concernant la présence militaire américaine dans la région.
Le gouvernement trinidadien a annoncé son intention d’expulser 200 ressortissants vénézuéliens actuellement détenus dans un centre d’immigration. Cette mesure, annoncée par la Première ministre Kamla Persad-Bissessar, a été officialisée lundi par Videsh Maharaj, secrétaire permanent du ministère de la Sécurité nationale, qui a précisé que tous les migrants en situation irrégulière seraient regroupés avant leur expulsion.
Selon M. Maharaj, ces expulsions se feront sans surveillance préalable des individus concernés, dans le cadre d’une opération d’immigration. Le 15 août, interrogée sur le respect de ses engagements en matière d’immigration, Mme Persad-Bissessar avait répondu avec fermeté :
« Promptement. »
Kamla Persad-Bissessar, Première ministre
La Première ministre a également pointé du doigt l’administration précédente, l’accusant de ne pas avoir suffisamment réagi à la situation de l’immigration clandestine, qu’elle lie directement à la montée de la criminalité dans le pays.
« C’est ce qu’ils ont laissé se produire au cours des dix dernières années. Nos ancêtres n’ont pas tenté de séparer les immigrants vénézuéliens qui ont légitimement fui leur pays de ceux qui sont venus ici avec des intentions criminelles. »
Kamla Persad-Bissessar, Première ministre
Ces derniers jours, les relations entre le Venezuela et Trinité-et-Tobago se sont tendues en raison de positions divergentes concernant la présence de forces militaires américaines dans les Caraïbes. Trinité-et-Tobago a autorisé le passage d’un destroyer de la marine américaine dimanche pour effectuer des exercices militaires, en lien avec le déploiement américain dans la région, visant officiellement à lutter contre le trafic de drogue.
En réponse, le président vénézuélien Nicolás Maduro a annoncé la suspension « immédiate » des accords gaziers avec Trinité-et-Tobago, dénonçant ce qu’il considère comme une menace de la part de Mme Persad-Bissessar de transformer l’île en « porte-avions » américain contre l’Amérique du Sud.