Publié le 28 octobre 2025 15h30. Une récente conférence annuelle sur la santé mentale, organisée par l’ATS Brianza et ses partenaires, a mis en lumière une augmentation préoccupante des comportements suicidaires et d’automutilation chez les jeunes, appelant à une action coordonnée et à une meilleure compréhension du phénomène.
- Les données de l’ATS Brianza révèlent une hausse de 60 % des cas d’automutilation nécessitant des soins médicaux urgents chez les 10-29 ans depuis la pandémie de COVID-19.
- La conférence a identifié la prévention du suicide et la prise en charge des comportements d’automutilation chez les jeunes comme priorité pour l’édition 2025.
- L’Université de Milan-Bicocca s’engage à renforcer la formation, la recherche et le transfert de connaissances pour lutter contre la détresse psychologique des jeunes.
La journée d’étude annuelle sur la santé mentale, promue par l’ATS Brianza en collaboration avec l’ASST Brianza, l’ASST Lecco, l’IRCCS San Gerardo dei Tintori et l’Université de Milan-Bicocca, s’est tenue le 27 octobre dernier. L’événement a rassemblé un large éventail de professionnels de la santé, du secteur social et des acteurs du territoire, ainsi que des étudiants et jeunes diplômés.
Lors de l’ouverture de la conférence, la Dre Paola Palmieri, directrice générale de l’ATS Brianza, a souligné l’importance de cet événement pour la planification des interventions en santé mentale.
« La création de la Conférence sur la Santé Mentale est l’un des outils utiles pour planifier les interventions dans le domaine de la santé mentale, un domaine qui joue un rôle d’une importance cruciale dans la planification des interventions sanitaires, socio-sanitaires et sociales au niveau national, régional et local. La planification des interventions de services et de projets ne peut partir que d’une analyse de ce qui se passe dans la zone locale et de l’évaluation de l’efficacité, de l’efficience et de la pertinence des interventions en cours, pour arriver à d’éventuelles nouvelles interventions. »
Dre Paola Palmieri, directrice générale de l’ATS Brianza
L’organisation de cette conférence annuelle s’inscrit dans les missions du groupe de travail spécifique de l’Organe de coordination en santé mentale et toxicomanie (OCSMD). Pour l’édition 2025, ce groupe a choisi de se concentrer sur les comportements suicidaires et d’automutilation chez les jeunes, un sujet de préoccupation croissante.
Selon la Dre Paola Passoni, directrice de la Structure de Dépendance Mentale et Handicap Psychiatrique de l’ATS Brianza, ces comportements représentent une véritable urgence de santé publique.
« Les comportements suicidaires et d’automutilation chez les jeunes adolescents représentent en effet actuellement une situation d’urgence reconnue en augmentation dans le monde entier et à laquelle une attention particulière a été accordée au niveau national et international ces dernières années ; la réduction du taux de suicide est un indicateur des objectifs de développement durable des Nations Unies, du programme de travail global de l’OMS et du Plan d’action mondial de l’OMS pour la santé mentale 2013-2030. »
Dre Paola Passoni, directrice de la Structure de Dépendance Mentale et Handicap Psychiatrique de l’ATS Brianza
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que le suicide est la deuxième cause de décès chez les jeunes de 15 à 29 ans en Europe.
L’analyse des données de l’ATS Brianza, effectuée par sa structure d’épidémiologie, confirme cette tendance inquiétante. On observe une augmentation significative des cas d’automutilation nécessitant des soins urgents chez les jeunes de 10 à 29 ans, passant d’une moyenne de 19 événements pour 100 000 habitants entre 2017 et 2020 à 31 pour 100 000 entre 2021 et 2024. Le phénomène reste stable chez les adultes et les personnes âgées, mais une prévalence plus élevée chez les femmes est constatée.
Les données relatives aux suicides, issues du Registre nommé des causes de décès (ReNCaM), montrent une incidence relativement stable sur la dernière décennie (2014-2023), avec un taux d’environ 7 événements pour 100 000 habitants. La tendance est également stable chez les 10-29 ans. Cependant, les experts soulignent que ces chiffres pourraient être sous-estimés en raison de la stigmatisation et de la difficulté à identifier les cas de suicide.
Le Professeur Giuseppe Carrà, directeur du Département de Médecine et Chirurgie et Pro-Recteur pour les Relations avec le Système de Santé et la Santé de l’Université de Milan-Bicocca, a insisté sur le rôle crucial de l’université dans la lutte contre le suicide chez les jeunes.
« L’Université a une triple fonction par rapport à un sujet important comme le risque de suicide chez les jeunes. Tout d’abord, une fonction de formation auprès de nos étudiants et spécialistes, pour encourager et promouvoir les connaissances et compétences utiles à la reconnaissance précoce de la détresse mentale. Deuxièmement, les activités de recherche, dont l’Université doit être le principal promoteur, peuvent nous aider à mieux comprendre les causes sous-jacentes de la détresse des jeunes et quelles sont les stratégies les plus efficaces pour prévenir les comportements à risque. Enfin, à travers la troisième activité de mission, l’Université a pour tâche de transférer les connaissances acquises dans les domaines clinique et de recherche hors du contexte académique, favorisant la diffusion, la collaboration avec le territoire et le développement social et culturel de la communauté dont nous faisons partie. »
Professeur Giuseppe Carrà, directeur du Département de Médecine et Chirurgie et Pro-Recteur pour les Relations avec le Système de Santé et la Santé de l’Université de Milan-Bicocca
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