Home NouvellesIrrégulier, imparfait et fascinant : Pressing à Valence

Irrégulier, imparfait et fascinant : Pressing à Valence

by Nicolas Lefèvre

Le groupe britannique Dry Cleaning a enflammé le Loco Club de Valence le vendredi 24 octobre, offrant une performance à la fois captivante et controversée. Leur concert, qui s’inscrit dans une scène post-punk en pleine effervescence, a divisé le public sur la qualité du son, mais a surtout confirmé le charisme indéniable de leur chanteuse.

Dry Cleaning, fort de deux albums acclamés et à l’aube de la sortie d’un troisième, a présenté un set d’une heure qui a su capturer l’esprit d’une génération désabusée. Le groupe explore dans ses textes les thèmes de la fracture sociale post-Brexit, de l’impact des réseaux sociaux, de la montée de la xénophobie et du nationalisme, et d’un sentiment général de perte de repères face aux politiques néolibérales. Une musique qui résonne avec un sentiment de « No Future » revisité, où l’avenir semble lui aussi annulé.

Si le concert a suscité des débats, notamment sur la prédominance de la basse et de la batterie, et un son de guitare jugé trop discret par certains, l’énergie dégagée par la chanteuse a largement compensé ces imperfections. Sa présence scénique, décrite comme magnétique et rappelant Kim Gordon, a captivé l’audience. « Elle était hiératique, sans perdre le contrôle, à moitié absorbée ou marquant le rythme avec une baguette, consciente de son attractivité et de sa capacité de conviction », témoigne un spectateur.

Le groupe s’inscrit dans un mouvement plus large de groupes de guitares britanniques, apparus ces dernières années, qui revisitent les codes du post-punk et du no wave pour exprimer le malaise face à l’incertitude contemporaine. Des formations comme Black Midi, Black Country New Road, Squid, Yard Act, Sleaford Mods, Maruja, Fat White Family, Dry Cleaning et même Fontaines DC ont contribué à revitaliser cette scène musicale, souvent loin des projecteurs médiatiques.

Malgré les divergences d’opinions, le concert s’est terminé sous un tonnerre d’applaudissements. La question du son, volontairement épuré ou résultant de difficultés techniques, reste ouverte. Mais, comme le souligne un observateur, Dry Cleaning a prouvé qu’il n’est pas nécessaire d’être parfait pour provoquer de fortes émotions. « L’autre soir, Dry Cleaning a montré qu’il n’est pas nécessaire d’être parfait pour donner la chair de poule. »

Le succès rencontré à Valence laisse présager un avenir prometteur pour le groupe, qui devrait bientôt jouer dans des salles de plus grande envergure. Un prix à payer pour la reconnaissance, mais aussi une étape inévitable pour un groupe en pleine ascension.

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