Publié le 28 octobre 2025 21:22:00. Mary « May » McGee, figure emblématique du combat pour les droits reproductifs en Irlande, est décédée à l’âge de 92 ans. Son action juridique, menée avec son mari Shay, a permis d’abroger en 1973 une loi interdisant la vente de contraceptifs, ouvrant la voie à une plus grande liberté de choix pour les femmes.
- Mary McGee est décédée paisiblement à l’hôpital Beaumont de Dublin, entourée de sa famille.
- L’affaire McGee, portée devant la Cour suprême, a constitué un tournant dans la perception de la séparation de l’Église et de l’État en Irlande.
- La décision de la Cour suprême a reconnu le droit constitutionnel des couples mariés à la planification familiale.
Mary McGee, connue sous le nom de May, s’est éteinte mardi à l’hôpital Beaumont de Dublin, après le décès de son mari, Seamus « Shay » McGee, en janvier 2024. Une cérémonie en hommage à sa vie se déroulera samedi au crématorium de Dardistown.
L’histoire de May et Shay McGee remonte aux années 1970, une époque où l’accès à la contraception était sévèrement limité en Irlande. Le couple, parents de quatre enfants, avait été confronté à de graves complications de santé liées aux grossesses de May, notamment une thrombose cérébrale et un accident vasculaire cérébral avec paralysie temporaire. Leur médecin avait clairement indiqué que de nouvelles grossesses mettraient sa vie en danger.
Sur les conseils de leur médecin, ils ont tenté d’obtenir un diaphragme et une gelée spermicide, prescrits pour prévenir une nouvelle grossesse. Cependant, ces produits devaient être importés et étaient régulièrement saisis par les douanes. Le couple a alors été averti qu’une nouvelle tentative d’importation pourrait entraîner des poursuites judiciaires.
Face à cette situation, les McGee ont décidé de contester la loi de 1935 interdisant l’importation de contraceptifs. Leur recours a d’abord été rejeté par la Haute Cour en 1972. Mais, déterminés à faire valoir leurs droits, ils ont fait appel devant la Cour suprême, suscitant une vive attention médiatique.
Le 19 décembre 1973, la Cour suprême a finalement rendu son verdict en faveur des McGee, par quatre voix contre une. La Cour a reconnu le droit constitutionnel des couples mariés à prendre des décisions privées concernant la planification familiale. Cette décision a non seulement permis un meilleur accès à la contraception, mais a également marqué un tournant dans la société irlandaise en matière de droits reproductifs et de séparation des pouvoirs entre l’Église et l’État.
En août dernier, un hommage a été rendu à May McGee dans sa ville natale de Skerries, dans le comté de Dublin, avec le dévoilement d’une mosaïque à son effigie. Lors d’une interview accordée à The Irish Times, elle s’était souvenue :
« Nous avons été condamnés depuis l’autel. Ils ont dit : ‘Certaines personnes dans cette paroisse ont jeté le discrédit sur l’église’. Alors nous nous sommes tous levés et sommes sortis. Je n’y suis plus jamais retournée. »
Mary ‘May’ McGee
Depuis l’affaire McGee, la législation irlandaise en matière de droits reproductifs a considérablement évolué. L’abrogation du huitième amendement de la Constitution en mai 2018, suite à un référendum, a mis fin à l’interdiction quasi totale de l’avortement. Plus récemment, la mise en place d’un programme de contraception gratuite pour les femmes âgées de 17 à 35 ans a facilité l’accès à la contraception. May McGee avait salué ces avancées, déclarant :
« C’est génial. Penser que vous avez eu tout ce tapage il y a des années… »
Mary ‘May’ McGee
À ne pas manquer
- RDC : Plus de 1 700 morts lors de la plus rapide épidémie d’Ebola
- Ariana Organise Une Journée de Vaccination Gratuite et Obligatoire Contre la Rage
- La Suissesse Lara Gut-Behrami, triple médaillée olympique et double vainqueure de la Coupe du monde de ski alpin, annonce sa retraite (lederniereheure.com)
- Silo : Apple TV+ annonce la saison 4 finale pour l’été 2027 (nouvelles-du-monde.com)